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Fonds activistes : une influence de plus en plus marquée sur la gouvernance

L'influence des fonds activistes est de plus en plus importante sur la gouvernance des grands groupes français, qui se trouvent obligés de composer avec ces actionnaires pouvant remettre en cause les stratégies mises en oeuvre par les directions des entreprises. Né aux Etats-Unis, ce type d'actionnariat est en train de s'imposer dans l'Hexagone, où il pousse à repenser les dynamiques et les rapports de force entre actionnaires et dirigeants.

Par | Publié le 17-05-2021 12:04, Mis à jour le 17-05-2021 15:55
Photo : Abode Stock © Renáta Sedmáková  

Qu'est-ce que les fonds activistes ? Des fonds d'investissement qui se spécialisent dans des prises de participation dans des entreprises qu'ils estiment à fort potentiel mais mal gérées. Ces fonds dénoncent ensuite publiquement et à grand renfort de communication, la stratégie de la direction afin de la faire évoluer et de rendre l'entreprise plus rentable. Un type d'investissement qui a le vent en poupe en France après avoir longtemps été l'apanage de Wall Street.

D'après une étude réalisée par la Banque Lazard, environ 60% des campagnes de fonds activistes identifiées en 2019 avaient trait à des opérations de fusions-acquisitions. Ces derniers mois, cela a notamment été le cas d'une opération du fonds américain Elliott, qui a tenté de pousser Capgemini à améliorer son offre sur Altran (une opération qui a d'ailleurs échouée). Les grandes banques d'affaires sont également partie prenantes à ces opérations puisqu'elles signalent régulièrement aux fonds activistes des sous-branches non-performantes de grands groupes en vue de faciliter des scissions d'actifs.

En France, ces dernières années, ce type d'opérations se sont multipliées. En 2019, le hedge fund CIAM avait tenté d'obtenir la révocation du PDG du réassureur Scor en raison de résultats jugés décevants. Une tentative qui avait échouée, mais qui avait néanmoins pesé sur la gouvernance de l'entreprise et les rémunérations de ses dirigeants.

L'histoire s'est répétée, et même accélérée en 2021. C'est du côté de Danone que les fonds activistes ont fait leur plus gros coup de l'année dans l'Hexagone. Le fonds activiste Bluebell Capital est parvenu à avoir la tête du PDG du géant français de l'agroalimentaire, Emmanuel Faber, au terme d'une campagne acharnée pour attaquer les résultats décevants du groupe. Une majorité du conseil d'administration de Danone se laisse convaincre par les arguments du fonds activiste et remercie le PDG le 14 mars dernier.

L'objectif de ces fonds est de forcer la direction à revoir leur modèle de gouvernance pour optimiser les rendements du groupe. C'est la même méthodologie qui a été utilisée récemment par le fonds Amber Capital pour tenter de faire sauter Arnaud Lagardère du groupe éponyme. Aux Etats-Unis comme en Europe, une même stratégie : rendre publiques des informations qui sont généralement réservées aux initiés, faire du bruit, et contraindre les dirigeants de l'entreprise de corriger les faiblesses détectées dans le modèle de gouvernance.

Si les fonds activistes demeurent un modèle de niche dans le système financier mondial, leur place est de plus en plus importante. On estime qu'en 2018, à l'échelle de la planète, 922 entreprises ont eu à faire face à des opérations de fonds activistes. Les fonds activistes gèrent actuellement environ 125 milliards de dollars, contre moins de 50 milliards il y a une dizaine d'années.

De plus, on observe de plus en plus souvent de nouveaux modes de pression des petits actionnaires pour peser sur les questions de gouvernance. Comme l'avait fait CIAM en 2019, l'association de défense des petits actionnaires, Gouvernance en Action, a entrepris ces dernières semaines une démarche pour réclamer des comptes aux dirigeants de Scor. Sous la forme d'un courrier d'actionnaire, le fonds a dénoncé la stratégie de versement de dividendes du groupe et les faiblesses de ses performances. « La sous-performance de SCOR est particulièrement importante sur la période 2011-2020 avec un écart de -60% par rapport à l'échantillon de sociétés comparables », a indiqué l'association dans une lettre ouverte.

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