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Matthieu Louvet : “L'investissement financier est l'un des piliers de la construction du patrimoine”



INTERVIEW -. Selon Matthieu Louvet, l'investissement est à la portée de tous, peu importent les revenus. Conseiller en investissement financier, membre de l'ANACOFI (l'une des plus importantes associations de professionnels), il est également à l'origine de la chaîne Youtube « S'investir » sur laquelle il vulgarise la finance auprès de bientôt 100.000 abonnés. Pour Idéal Investisseur, il revient sur sa vision de l'investissement avec un maître mot : la diversification.

Temps de lecture : 5 minute(s) - Par | Mis à jour le 04-12-2023 10:51:00 | Publié le 04-12-2023 10:28  Photo : Matthieu Louvet - S'investir  
Matthieu Louvet : “L'investissement financier est l'un des piliers de la construction du patrimoine”

Ideal-investisseur.fr. - Comment débuter lorsque l'on veut commencer à investir ?

Matthieu Louvet. - La réponse peut être très différente d’une personne à l’autre en fonction de ses objectifs et de sa tolérance au risque. Est-ce qu’elle souhaite acquérir sa résidence principale, s’orienter vers de l’investissement durable, pourrait-elle envisager d’encaisser des pertes importantes avec ses investissements… Une fois que le particulier a répondu à un ensemble de questions de ce type, il va pouvoir réfléchir à une stratégie et envisager les placements les plus adaptés.

Pour construire son patrimoine, il faut 3 « briques » :

- Des placements de court terme, que j’appelle la « poche de précaution » : on parle ici d’une épargne qui va pouvoir être mobilisable à tout moment. C’est le socle qui va ensuite permettre d’investir à moyen et long terme sans avoir à reprendre trop tôt l’argent investi.

- Des placements de moyen terme, la « poche projets » : on va investir sur plusieurs années pour aller chercher un peu plus de rendement et de risque, mais en conservant un horizon de liquidité à 3 – 5 ans : pour préparer un achat immobilier par exemple.

- Des placements de long terme : ce sont eux qui vont servir à aller chercher de la performance grâce à la bourse, au private equity [l’investissement dans des entreprises non cotées, NDLR], ou générer du rendement par de la dette privée par exemple (fonds obligataires…).

Si l’on regarde plus globalement, je pense que les 2 piliers majeurs restent l’investissement financier et l’immobilier physique pour asseoir une certaine sécurité, notamment en achetant sa résidence principale.
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Assurance Vie
Sur votre chaîne Youtube, vous parlez souvent des ETF comme d'une bonne option pour commencer à investir en Bourse et diversifier son portefeuille. Quels avantages y voyez-vous ?

Les ETF, « Exchange Traded Funds », sont pour la plupart des paniers d’actions ou d’obligations. Il y a les ETF « actifs » (un gérant sélectionne les actions qui sont à l’intérieur) et les « passifs », qui reproduisent les performances d’un indice. Chez S’investir, nous sommes plutôt convaincus par les « passifs » pour plusieurs raisons.

Prenons l’exemple d’un « ETF MSCI World » : c’est un panier de près de 1600 entreprises issues de 23 pays développés. En une seule transaction, on peut diversifier son portefeuille mieux que lorsque l’on choisit seul ses actions. Il faut voir qu’en tant que particulier, c’est très dur d’arriver à faire mieux qu’un ETF en sélectionnant ses titres. L’étude SPIVA (S&P Indices versus Active), qui compare les performances des fonds actifs et passifs, montre que moins de 10% des professionnels arrivent à faire mieux que l’indice phare des Etats-Unis, le S&P 500. Avec un simple ETF passif, on se place donc dans le top 10% des investisseurs sur le long terme. Cela permet d’éviter de s’en remettre aux décisions d’un gérant qui a des chances de se tromper, ou à ses propres décisions qui vont être entachées de biais cognitifs et qui auront de grandes chances de sous-performer par rapport au marché.

Un ETF peut aussi être avantageux du point de vue fiscal : certains sont éligibles au PEA, ou proposés dans certains contrats d’assurance-vie et PER. D’autres réinvestissent les intérêts générés, ce qui permet d’éviter d’être taxé sur les dividendes.



Beaucoup de structures proposent désormais d’investir grâce à des robo-advisors, qui sélectionnent automatiquement des produits financiers en fonction des profils et objectifs des investisseurs. Est-ce l’avenir ?

J’ai un avis positif sur les robo-advisors : ils sont très utiles pour les personnes qui veulent déléguer leurs investissements. Certains acteurs proposent aussi des enveloppes comme l’assurance-vie et le PER, ou des thématiques comme l’investissement durable. La contrepartie, ce sont les frais de gestion à payer, même si ceux-ci sont raisonnables par rapport à d’autres options de gestion déléguée. Maintenant, ces techniques ferment aussi la porte à d’autres produits : par exemple, peu d’acteurs proposent aujourd’hui une gamme complète de produits avec des SCPI, des fonds obligataires, du private equity, des placements ISR [Investissement Socialement Responsables, NDLR], etc... On revient donc toujours au même point : il faut diversifier les acteurs pour diversifier ses placements.


Le thème de l’investissement durable est de plus en plus présent, mais tend à devenir un sujet controversé. Comment faire lorsque l’on veut investir en respectant certaines convictions ?

Le sujet est très complexe. Quand on investit en Bourse, il faut comprendre que l’on ne finance pas directement une entreprise. Si on achète une action, on l’achète à une personne qui la revend. En tant que particulier, on est tellement dilué dans la masse des actionnaires que l’on a, finalement, très peu d’impact.

Si l’objectif est que son épargne soit utile et agisse directement sur l’économie réelle, il vaut mieux financer des PME qui vont œuvrer dans le social ou le développement durable, par exemple via de la dette. L’épargne a alors beaucoup plus de poids que sur le marché boursier, qui reste un marché secondaire. Les plateformes de crowdfunding proposent ce type de projets en obligataire : énergies renouvelables, agriculture solidaire... L’inconvénient reste au niveau du risque et de la sortie. Les SCPI « ISR » sont aussi intéressantes. Elles achètent des biens immobiliers durables ou un parc d’immeubles qu’elles vont rénover tout en améliorant le DPE.Mais il reste difficile d’avoir un portefeuille suffisamment diversifié si l’on investit seulement sur du non coté. D’autant que ce type de placements ne correspond pas forcément à tous les profils.
En matière d’investissement financier, que déconseillez-vous aux personnes qui démarrent ?

Il faut fuir la promesse de l’argent facile et rapide que l’on peut rencontrer sur les réseaux sociaux, car en face il y a beaucoup de risques. Une étude de l’AMF [Autorité des Marchés Financiers, NDLR] menée sur 1600 comptes de particuliers a montré que 89% des personnes qui ont investi sur des CFD ou sur le Forex ont perdu de l’argent. En général, les produits proposés se rapprochent plus du casino que de l’investissement.

Je déconseille aussi de miser la majeure partie de ses finances sur un seul type d’actif. Parfois, certains investisseurs ont un patrimoine orienté à plus de 50% sur des cryptomonnaies, notamment les plus jeunes. Il faut vraiment diversifier ses placements.

Un autre biais est de se contenter des conseils de son banquier, qui est parfois plus commercial que conseiller. Du point de vue de l’épargnant, l’objectif n’est pas de souscrire à des produits qui présentent parfois trop de frais sans réelle justification, et qui sous-performent le marché. On rencontre souvent des personnes qui ont ouvert une assurance-vie dans leur banque traditionnelle et qui se retrouvent avec des performances limitées, des frais élevés et un choix de placements déconnecté de leur profil et de leurs objectifs. Par exemple, un trentenaire avec uniquement du monétaire et peu d’actions alors qu’il veut capitaliser pour son futur. C’est dommage.

Enfin, pour les investisseurs qui commencent à boursicoter, l’erreur qui revient souvent est le biais de familiarité. Il arrive qu’ils investissent uniquement dans des actions très connues, ce qui les rassure mais les coupe d’autres options intéressantes. Ou qu’ils choisissent des titres d’entreprises avec lesquelles ils ont une affinité, par exemple un ingénieur en informatique qui détient des actions de son entreprise d’informatique. Le risque, c’est que le secteur ou l’entreprise tombe en situation délicate, auquel cas son emploi et son investissement peuvent être menacés en même temps.

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Commentaires (3)

La diversification est une absolue nécessité quand un investisseur place son argent...

Bonjour, quel enveloppe utilisée pour un placement de moyen- terme exemple je veux investir à fin de le créer une épargne pour l’achat de ma résidence principale dans (5ans) dans quoi devrai-je investir et par le biais de quel enveloppe?

Cordialement.

C. sylvain.

Ca fait du bien un peu de bon sens !