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Label ISR : la moitié des fonds bientôt exclus de l'investissement responsable ?



Les critères d'obtention du label vont être durcis en 2024. Une manière de redonner de la crédibilité à l'investissement “responsable”.

Temps de lecture : 2 minute(s) - | Mis à jour le 15-11-2023 14:31:00 | Publié le 15-11-2023 14:12  Photo : Shutterstock  
Label ISR : la moitié des fonds bientôt exclus de l'investissement responsable ?

Les critères d’obtention du label « ISR » (investissement socialement responsable) vont probablement devenir plus exigeants à compter de mars 2024. Depuis 8 ans, l'estampille bleue et verte identifie les fonds d’investissement censés être vertueux. L'encours de ces OPCVM et autres véhicules financiers est aujourd’hui proche de 775 milliards d’euros.

Cette étiquette aide les épargnants à sélectionner leurs placements. Le problème est que la réalité des actifs détenus par les fonds labellisés est parfois bien loin de ce qu'ils imaginent : jusqu’à présent, la prise de participations dans certaines activités peu compatibles avec la lutte contre le changement climatique et la pollution n’est pas exclue des critères d'obtention.

Les exigences du label ISR restent, à ce stade, assez souples. Certaines sociétés de gestion décident par exemple de s’interdire des secteurs controversés (activités polluantes ou réputées non éthiques). D’autres plaident au contraire pour y prendre des participations, dans le but déclaré d’influer sur leurs stratégies afin de les mettre sur la voie de la transition mais sans obligation de résultat. Les critères de sélection « ESG » (environnementaux sociaux et de gouvernance) restent également propres à chaque gestionnaire.

Il n’en fallait pas plus pour que le label perde en crédibilité auprès de certains acteurs, qui le considèrent peu lisible et trop vulnérable au risque de “greenwashing”. Au printemps, l’UFC – Que Choisir avait notamment appelé à « faire cesser l’écoblanchiment ». En parallèle, une enquête menée par une dizaine de médias européens révélait que près de la moitié des fonds « superverts » avaient investi dans les énergies fossiles.

Début novembre, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire s’est prononcé en faveur de l’élargissement du champ des activités exclues, proposition portée par le comité en charge de la labellisation ISR. Les critères durcis devraient s’appliquer aux nouvelles demandes de labellisation à compter du 1er mars 2024. Les fonds déjà labellisés devront se mettre en conformité pour 2025 s'ils souhaitent conserver leur étiquette.

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Label ISR nouvelle mouture : des conséquences importantes pour les fonds d'investissement

Après l'entrée en vigueur de cette grille d'analyse plus exigeante, les fonds d’investissement concernés par le label ISR auront l’interdiction d’investir dans des sociétés liées aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon). Les entreprises financées présentant une lourde empreinte carbone devront s’engager dans une transition afin de s’aligner sur les objectifs de l’Accord de Paris, sans quoi elles ne seront plus éligibles.

Cela ne sera pas sans conséquences sur le paysage de l'investissement responsable, et le nombre de fonds labellisés pourrait considérablement baisser. Selon l’analyse de Hortense Bioy, directrice de la recherche sur le développement durable de MorningStar, les nouveautés pourraient, en théorie, obliger près de la moitié des fonds ISR à céder leurs participations dans des entreprises pétrolières et gazières. Or, 45 % d'entre eux possèdent des actifs liés à ces énergies, pour un montant total de 7 milliards d’euros. Un certain nombre d’entre eux seront probablement tentés de renoncer à la labellisation en raison de critères devenus trop contraignants.

D’après l’étude, les fonds les plus exposés seraient Tocqueville Value Europe ISR, CM-AM Europe Value et DNCA Invest Archer Mid-Cap Europe, dont 13 à 14 % des participations concerneraient les secteurs du pétrole et du gaz. L’une des entreprises les plus pénalisées pourrait être TotalEnergies, dont les actions sont retrouvées dans le portefeuille de 176 fonds labellisé ISR pour une valeur totale de 2,4 milliards d’euros, soit 1,6 % de sa capitalisation boursière.





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