Aperam : EBITDA en hausse sur un an au troisième trimestre, mais repli face au deuxième trimestre et ventes sous les attentes
Aperam a publié le 6 novembre 2026 des comptes du troisième trimestre dont la lecture dépend de la base de comparaison.
Sur un an, l'EBITDA ajusté progresse à 105 M€, contre 74 M€, et sa marge gagne 1,8 point, à 7,0 %. Face au deuxième trimestre, il recule en revanche de 130 M€ à 105 M€ et sa marge perd 0,7 point.
Ce repli séquentiel accompagne une baisse de 10,9 % des livraisons, à 540 000 tonnes, que le groupe attribue au ralentissement saisonnier. Le bénéfice net revient à 7 M€, après 116 M€ au trimestre précédent et une perte de 21 M€ un an plus tôt.
Le chiffre d'affaires de 1 510 M€ et le bénéfice par action de 0,09 € ressortent en dessous des attentes relevées avant publication, qui s'établissaient à 1,58 Md€ et 0,39 €. À la veille des comptes, l'action affichait un recul de 24 % sur le trimestre.
Sur un an, une progression attribuée aux gains structurels et à la défense commerciale
Le directeur général, Sud Sivaji, évoque « la meilleure performance d'un troisième trimestre depuis quatre ans », obtenue « dans un contexte de saisonnalité et de faible demande en Europe ».
L'EBITDA comptable s'établit à 103 M€, en hausse de 39 % sur un an, une progression que le groupe relie aux gains structurels du programme Leadership Journey et au soutien des mesures de défense commerciale.
La sixième phase de ce programme a dégagé 18 M€ de gains sur le trimestre et 56 M€ sur neuf mois, pour un objectif de 150 M€ sur la période 2026-2028. Rapporté à la tonne livrée, l'EBITDA ajusté atteint 194 €, contre 131 € un an plus tôt et 215 € au deuxième trimestre.
Sur les neuf premiers mois, le chiffre d'affaires est quasi stable, à 4 774 M€ contre 4 722 M€. L'EBITDA ajusté progresse à 325 M€, contre 272 M€, et sa marge gagne un point, à 6,8 %.
L'acier inoxydable et le recyclage portent l'essentiel de la hausse annuelle
La division Stainless & Electrical Steel, la plus importante avec 941 M€ de ventes, a dégagé un EBITDA ajusté de 52 M€, en hausse de 44 % sur un an. Il recule face aux 59 M€ du deuxième trimestre, le groupe citant le ralentissement estival en Europe et l'absence de véritable reprise de la demande, en partie compensés par la performance au Brésil.
Le pôle Recycling & Renewables a plus que doublé son EBITDA ajusté sur un an, à 21 M€ contre 10 M€, grâce à des volumes plus élevés et aux gains structurels. Il revient toutefois de 32 M€ à 21 M€ sur le trimestre et affiche une perte opérationnelle de 1 M€.
Chez Services & Solutions, l'EBITDA passe à 8 M€, contre une perte de 1 M€ un an plus tôt et un gain de 21 M€ au deuxième trimestre.
Alloys & Specialties maintient son EBITDA ajusté à 25 M€ sur un an, en recul par rapport aux 29 M€ du trimestre précédent en raison d'une maintenance estivale programmée, alors que son prix moyen de vente progresse de 6,7 %.
Un bénéfice net réduit par l'impôt et les frais financiers, une dette nette en baisse
L'écart entre l'EBITDA et le bénéfice net s'explique par les amortissements de 61 M€, qui ramènent le résultat opérationnel à 42 M€. Sa marge s'établit à 2,8 %, en recul de 3,2 points sur le trimestre mais en hausse de 2,2 points sur un an.
Les frais financiers de 21 M€ et une charge d'impôt de 14 M€, soit un taux effectif de 66,7 %, absorbent ensuite l'essentiel du résultat.
Le deuxième trimestre avait, à l'inverse, bénéficié d'éléments exceptionnels nets de 29 M€, liés notamment à des crédits fiscaux au Brésil, et d'un produit d'impôt de 23 M€. Le free cash-flow avant dividende atteint 68 M€, contre 106 M€ au trimestre précédent et 138 M€ un an plus tôt.
La dette financière nette recule à 980 M€, contre 993 M€ fin juin et 1 045 M€ un an plus tôt. Le groupe anticipe un EBITDA ajusté légèrement supérieur au quatrième trimestre, à prix des métaux et des produits supposés constants, ainsi qu'une nouvelle baisse de la dette nette d'ici la fin de l'année.
Son directeur général se dit « en bonne voie pour atteindre [l']objectif de désendettement à fin 2027 ». L'amélioration sur un an repose ainsi sur les gains structurels et la défense commerciale, tandis que le passage de l'EBITDA au bénéfice net reste absorbé par les amortissements, les frais financiers et l'impôt.