Egide : l'EBITDA repasse au vert à 0,7 M€ en 2025, la perte nette se creuse à 3,1 M€
Egide s'inscrit en 2025 dans une trajectoire de stabilisation opérationnelle, avec un retour de l'EBITDA en territoire positif à 0,7 M€ contre une perte de 0,45 M€ en 2024. Cette reprise reflète une amélioration chez Egide SA et Egide USA, où les deux entités dégagent respectivement 1,26 M€ et 1,13 M€ d'EBITDA. Cependant, ces progrès sont largement contrebalancés par Santier, qui plonge en perte opérationnelle avec un EBITDA négatif de 1,67 M€, conséquence de l'arrêt de programmes clients majeurs. Le groupe demeure en perte nette à 3,1 M€, en dégradation par rapport aux 2,37 M€ de 2024, révélant que l'amélioration opérationnelle n'a pas encore compensé le coût structurel de ses activités déficitaires. Cette divergence entre progression opérationnelle et aggravation des pertes nettes pose la question de la viabilité du modèle actuel et explique l'annonce stratégique de consolidation : la fermeture de Santier en cours d'année devrait remodeler durablement la structure de résultat du groupe.
Croissance du revenu de 4 %, EBITDA redevenue positive
Le chiffre d'affaires consolidé s'établit à 31,34 M€ en 2025, en hausse de 4 % sur un an, soutenu par deux moteurs de croissance distincts. Egide SA progresse de 12 % (1,72 M€ supplémentaires) et gagne en poids relatif du groupe (53 % du revenu contre 49 % en 2024). Egide USA enregistre une accélération bien plus marquée, avec une augmentation de 29 % en euros courants et de 35 % à taux de change constants (+ 2,45 M€), passant de 8,3 M€ à 10,75 M€. En contraste sévère, Santier subit un recul brutal de 41 % (38 % à taux constants), tombant de 6,93 M€ à 4,09 M€, suite à l'arrêt de plusieurs programmes clients de haut de gamme auprès de clients de premier plan. L'EBITDA consolidée revient à 0,70 M€ après un déficit de 0,45 M€ en 2024, un redressement de 1,15 M€. Cette amélioration repose entièrement sur Egide SA et Egide USA : Egide SA génère 1,26 M€ (contre 0,47 M€) et Egide USA 1,13 M€ (contre une perte de 1,13 M€). Santier dévore ces gains avec une EBITDA négative de 1,67 M€, bien que légèrement moins sévère que l'impact initial de la baisse d'activité ne l'aurait laissé présager.
Déficit net qui s'aggrave malgré les progrès opérationnels
La perte nette du groupe se creuse à 3,11 M€ contre 2,37 M€ en 2024, reflétant un écart de 0,74 M€. Cette dégradation survient malgré le retour en positif de l'EBITDA, signalant que les charges financières et autres dépenses structurelles pèsent toujours lourdement. Les frais financiers nets s'élèvent à 1,07 M€ (contre 0,69 M€), une augmentation de 0,38 M€ due à des provisions pour risques de change (0,5 M€) et des charges d'intérêts (0,6 M€). Le bilan consolidé enregistre une contraction à 20,2 M€ d'actif total contre 24,2 M€ en 2024, reflétant une réduction de 4 M€. Les capitaux propres sont tombés à 3,25 M€ après intégration de la perte d'exploitation (contre 6,15 M€), tandis que l'endettement net financier a diminué de 2,1 M€ à 5,4 M€. L'amélioration du besoin en fonds de roulement, qui passe de 62 jours de revenu annuel (5,1 M€) à 36 jours (3,1 M€), traduit une meilleure gestion des stocks et des créances clients et offre une bouffée d'oxygène de trésorerie.
Fermeture de Santier et repositionnement stratégique
Egide annonce la fermeture de son site de San Diego en cours d'année 2026, avec cessation de production fin avril et clôture administrative prévue en été. Cette décision s'inscrit dans une stratégie de recentrage sur le cœur de métier (boîtiers hermétiques et solutions d'interconnexion) et la consolidation des opérations américaines autour du site de Cambridge (Maryland). Le groupe anticipe une amélioration graduelle de ses performances opérationnelles et financières une fois ce réalignement achevé. Parallèlement, Egide affirme sa priorité sur les marchés stratégiques (défense, aérospatiale) et les applications hautement techniques, notamment l'imagerie thermique. Le contexte géopolitique actuel (tensions au Moyen-Orient, renforcement des politiques de souveraineté en Europe) est présenté comme un élément soutenant l'activité du groupe. Bertrand Marty, avec 25 ans d'expérience en pilotage financier et transformation industrielle, a été nommé directeur financier pour piloter cette restructuration.