ENGIE : chiffre d'affaires en recul de 9,5 % au T1, perspectives 2026 confirmées
ENGIE a publié jeudi ses résultats du premier trimestre 2026 marqués par une contraction du chiffre d'affaires à 20,6 milliards d'euros (−9,5 % en organique) et un repli de l'EBIT hors nucléaire à 3,4 milliards d'euros (−6,6 % en organique), reflétant la normalisation anticipée des marchés énergétiques. Le groupe maintient cependant sa guidance 2026 avec un résultat net récurrent attendu entre 4,6 et 5,2 milliards d'euros et poursuit l'accélération de ses investissements dans les énergies renouvelables et les réseaux électriques.
Cette publication intervient le jour où ENGIE attend la finalisation de l’acquisition de UK Power Networks, opération présentée comme renforçant sa présence dans les activités régulées. Le trimestre a également été marqué par une augmentation de capital accélérée de 3,0 milliards d’euros, qui a contribué à la baisse de la dette nette économique.
Chiffre d'affaires et EBIT en baisse organique, nucléaire affecté
Le chiffre d'affaires s'est établi à 20,6 milliards d'euros au premier trimestre 2026, en recul de 9,5 % en organique comparé à la même période 2025. L'EBITDA (hors nucléaire) ressort à 4,6 milliards d'euros, en baisse de 4,4 % en organique, tandis que l'EBIT hors nucléaire s'élève à 3,4 milliards d'euros (−6,6 % en organique).
Cette contraction reflète plusieurs facteurs : la normalisation des prix de l'électricité en Europe après une année 2025 exceptionnelle, la baisse des spreads captés en gas generation (−37,2 % en organique) et un effet température normatif négatif de 90 millions d’euros par rapport au premier trimestre 2025 pour les activités Networks, B2C et B2B en France. Le nucléaire a particulièrement souffert avec une baisse de 72,6 % en organique, principalement due à l'arrêt en 2025 de trois réacteurs belges et au transfert de deux autres vers une co-entreprise à 50 %.
À l'international, ENGIE a été pénalisée par l'arrêt non planifié d'un pipeline de gaz au Pérou et la sortie progressive du charbon au Chili. En revanche, les activités Renewables & BESS ont enregistré une croissance organique de 2,6 %, soutenues par la mise en service de nouveaux actifs et des prix favorables en Amérique latine.
Trésorerie renforcée, levier d'endettement maîtrisé
Malgré la contraction opérationnelle, ENGIE a consolidé sa position financière au cours du trimestre. Le flux de trésorerie d'exploitation s'élève à 3,0 milliards d'euros, en baisse de 1 milliard par rapport à T1 2025 (période exceptionnellement élevée), mais en ligne avec la baisse de l'EBITDA.
La dette financière nette recule de 3,7 milliards d'euros pour atteindre 35,2 milliards d'euros au 31 mars 2026. Cette amélioration provient principalement du flux de trésorerie d'exploitation de 3,0 milliards d'euros et de l'augmentation de capital accélérée (ABB) de 3,0 milliards d'euros, partiellement compensées par 1,3 milliard d'euros d'investissements. La dette nette économique baisse de 4,0 milliards d'euros à 41,2 milliards d'euros, et le ratio dette nette / EBITDA s'améliore à 2,9x, demeurant dans la trajectoire cible inférieure ou égale à 4,0x.
La liquidité disponible s'établit à 22,0 milliards d'euros au 31 mars 2026, dont 18,0 milliards d'euros de disponibilités, offrant un coussin confortable pour les investissements prévus.
Accélération de la transition énergétique et finalisation de UK Power Networks
ENGIE a poursuivi l'exécution de sa stratégie de transition énergétique avec plusieurs initiatives majeures. La finalisation de l'acquisition de UK Power Networks, annoncée jeudi, intervient avec deux mois d'avance sur le calendrier initialement communiqué, renforçant la présence du groupe dans les activités régulées et consolidant son profil de utility.
Au niveau des énergies renouvelables, les 93 projets en cours de construction représentent une capacité totale de 6,6 gigawatts à fin mars 2026. En Europe, ENGIE a accéléré le développement du stockage par batteries avec 400 mégawatts de nouveaux projets lancés en Espagne et en France. Le groupe porte ainsi à plus d'un gigawatt sa capacité BESS en Europe dans huit pays. En Amérique latine, le complexe photovoltaïque Assú Sol au Brésil (753 MW) a atteint sa mise en service commerciale complète en février 2026, devenant le plus grand projet solaire opérationnel du groupe.
Dans les réseaux, ENGIE a remporté de nouvelles concessions de lignes de transmission au Brésil pour 143 kilomètres et a signé un accord en vue d'acquérir 100 % de la ligne Aguaytía-Pucallpa au Pérou (132 km). Local Energy Infrastructures poursuit sa trajectoire avec 586 réseaux de chaleur et froid dans le portefeuille à fin mars 2026 (progression de 17 depuis fin 2025), en ligne avec l'objectif de passer à 800 d'ici 2030.
En matière de supply, ENGIE rappelle avoir annoncé en mars 2026 l’acquisition de 100 % d’IGNIS Luz, la division de fourniture d'énergie aux PME du groupe espagnol IGNIS, opération attendue en mi-2026 sous réserve d'autorisations réglementaires. Cette acquisition renforce la position d'ENGIE sur le marché espagnol. Parallèlement, le groupe a signé un accord pour la cession de ses participations au Qatar dans le gaz, poursuivant la rationalisation de son portefeuille thermique amorcée en 2025.