EO2 : chiffre d'affaires en hausse de 18 %, première perte nette de 1,3 M€
Le groupe EO2, acteur de l'énergie bois, présente un exercice 2025-2026 contrasté. Derrière une croissance affichée du chiffre d'affaires gît une profonde détérioration opérationnelle. L'activité de granulation bois, qui représente 80 % du chiffre d'affaires, a vu son résultat d'exploitation dégringoler de 0,2 M€ à -1,3 M€, tandis que le groupe enregistre sa première perte nette. Cette bifurcation révèle à quel point les perspectives du groupe dépendent d'une normalisation des prix et des stocks en Europe.
Seul le pôle « services énergétiques » a compensé en partie la débâcle opérationnelle, redressant sa contribution à 0,4 M€ de REX contre -1,7 M€ précédemment. C'est sur cette dynamique que repose la viabilité du redressement attendu en 2026-2027.
Volumes en hausse mais marges érodées par la déflationniste européenne
Le chiffre d'affaires consolidé a progressé de 18,1 % à 35,6 M€. L'activité « granulation bois » en est le principal moteur avec 28,6 M€ (vs 24,4 M€ en 2024-2025), soit une hausse de 17,2 % tirée par un fort rebond des volumes de vente. Cette progression des volumes masque cependant une réalité moins favorable : les prix de vente moyens se sont contractés du fait de l'arrivée sur le marché de stocks massifs en provenance d'Europe de l'Est, héritage des surcapacités et surstockages accumulés après la période post-Covid.
L'activité « services énergétiques » affiche une croissance plus soutenue de 22,8 % à 7,0 M€ (vs 5,7 M€), portée par SVM qui a engrangé les fruits de son redressement organisationnel dans un marché favorable. Weya, en phase de restructuration, apporte une contribution inférieure à 1,3 M€.
La rentabilité opérationnelle s'écroule dans la granulation bois
L'excédent brut d'exploitation (EBE) s'améliore à 2,2 M€ contre 0,7 M€ en 2024-2025, mais cette amélioration ne s'est pas propagée à l'aval de la chaîne. Le résultat d'exploitation (REX) ressort à -0,9 M€ contre -1,5 M€ précédemment. Derrière cette légère amélioration agrégée, des mouvements opposés se dessinent : le pôle « services énergétiques » a basculé de -1,7 M€ à +0,4 M€ de REX grâce au redressement de SVM, tandis que « granulation bois » s'est effondré de +0,2 M€ à -1,3 M€.
Cette dégradation reflète directement la crise de marge conjoncturelle. Les prix de marché « particulièrement bas » durant la période, combinés à l'augmentation des capacités de stockage, ont érodé la rentabilité du pôle principal. Le groupe enregistre in fine une perte nette de 1,3 M€, sa première depuis au moins deux exercices.
Trésorerie préservée mais dépendance accrue à la normalisation des prix
Sur le plan financier, EO2 maintient une assise correcte. La capacité d'autofinancement s'établit à 1,5 M€, et les flux de trésorerie opérationnels restent positifs à 1,7 M€ grâce notamment à une réduction du besoin en fonds de roulement de 0,2 M€. Les investissements ont été contenus à 0,8 M€, dégageant un free cash-flow positif de 0,7 M€. Le groupe a apuré 4,6 M€ de dettes bancaires et contracté 3,7 M€ de nouveaux emprunts. Au 28 février 2026, EO2 disposait d'une trésorerie brute de 3,8 M€ pour une dette nette de 7,2 M€.
Pour l'exercice 2026-2027, le groupe demarre avec prudence face aux incertitudes macro-économiques. Il mise sur une amélioration de la granulation bois dans « un contexte plus favorable notamment sur les prix », avec un rééquilibrage attendu de l'offre et de la demande et une normalisation des stocks en Europe. Le succès de cette trajectoire reste fortement tributaire d'une normalisation rapide du marché.