Guillin : résultat net en chute de 19 %, les marges sous pression inflationniste
Le groupe d'emballages alimentaires Guillin a publié jeudi ses résultats 2025 marqués par une dynamique commerciale fragile et une détérioration marquée de ses marges. Avec un chiffre d'affaires de 884,5 millions d'euros en progression de 1,7% seulement et un résultat opérationnel en baisse de 13,6%, l'industriel européen doit gérer l'écart croissant entre une activité stable et une structure de coûts sous pression inflationniste.
Un chiffre d'affaires qui progresse à pas comptés
Le Produit des Activités Ordinaires s'établit à 884,5 millions d'euros en 2025, en progression de 1,7% par rapport à 2024 (1,2% à périmètre constant, hors acquisitions). Cette croissance reste limitée, avec des trajectoires contrastées selon les secteurs : le secteur « emballages » augmente de 1,4% (+0,9% à périmètre constant), tandis que « matériels » progresse plus sensiblement de 7,1%. Ces chiffres témoignent d'une demande commerciale peu dynamique malgré la stratégie de diversification et les acquisitions réalisées en 2025, notamment le renforcement du pôle papier-carton avec le lancement de la marque Wefold et les acquisitions de Gruyaert Verpakking et Verpakkingen en Belgique.
Les marges se contractent sous le poids de l'inflation
Le résultat opérationnel recule de 13,6% pour atteindre 67,5 millions d'euros, révélant une compression de la rentabilité opérationnelle bien plus marquée que la baisse du chiffre d'affaires. Le groupe identifie explicitement la hausse structurelle des coûts de production comme cause majeure, notamment les charges de personnel et autres frais, face à une concurrence croissante de pays à main-d'œuvre moins onéreuse (Turquie, Chine). Pour répondre à ce défi, Guillin a poursuivi l'adaptation de son dispositif industriel en 2025, avec l'arrêt de certaines productions au Royaume-Uni et en Allemagne et leur redéploiement vers d'autres sites du groupe. Ces restructurations ont cependant généré des surcoûts de mise en œuvre, amplifiant temporairement la pression sur les résultats. Le résultat net diminue de 19,1% à 48,6 millions d'euros, reflétant la cascade de cette compression de rentabilité.
Capacité d'investissement maintenue malgré la contraction
La capacité d'autofinancement, après le coût de l'endettement et de l'impôt, s'élève à 93,9 millions d'euros, en recul de 10,7% par rapport à 2024, mais décrite par le groupe comme « à un niveau satisfaisant ». L'endettement net reste maîtrisé à 38,5 millions d'euros au 31 décembre 2025, témoignant d'une solidité financière préservée. Les capitaux propres augmentent de 26,3 millions d'euros pour atteindre 658,7 millions d'euros. Cependant, les investissements industriels ont augmenté, passant de 62 millions à 68,2 millions d'euros en 2025, signe que le groupe maintient son engagement en modernisation malgré le contexte de compression de marges. Un dividende de 0,90 euro par action sera proposé à l'assemblée générale. Le groupe souligne enfin que les risques géopolitiques récents, notamment le conflit au Moyen-Orient depuis le 28 février 2026, pourraient créer des incertitudes sur les approvisionnements et les coûts énergétiques, bien que le groupe ne soit pas directement implanté dans les zones de conflit.