Klarsen : chiffre d'affaires divisé par plus de deux au premier semestre, perte nette de 555 k€
Le groupe bordelais de data marketing a vu son chiffre d'affaires semestriel passer de 2,72 M€ à 1,13 M€. Le semestre a été marqué par le litige lié au crédit-vendeur consenti lors de l'acquisition d'ITL et par l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire visant cette filiale.
Le protocole d'accord conclu après la clôture modifie la lecture de l'exercice : selon la société, le produit exceptionnel qui en découle compensera à lui seul la perte du semestre. Klarsen a publié le 22 octobre 2026 ses comptes consolidés non audités du premier semestre, clos le 30 juin, et a indiqué que sa nouvelle séquence de développement nécessitera des moyens financiers complémentaires.
Chiffre d'affaires de 1,13 M€ et EBE négatif de 0,56 M€
Le chiffre d'affaires consolidé s'est établi à 1 128 k€, contre 2 718 k€ au premier semestre 2025. La marge brute est revenue à 416 k€, contre 1 347 k€, et son taux a baissé à 36,9 % du chiffre d'affaires, contre 49,5 % un an plus tôt.
Les charges opérationnelles ont reculé de 23 %, à 975 k€ contre 1 262 k€, dont une baisse de 30 % des charges de personnel, ramenées à 573 k€ contre 816 k€. L'excédent brut d'exploitation (EBE) ressort à -559 k€, soit -49,6 % du chiffre d'affaires, contre un EBE positif de 84 k€ (3,1 %) au premier semestre 2025.
Après des dotations, reprises et autres éléments de -121 k€ (contre +32 k€), le résultat d'exploitation atteint -680 k€, contre +116 k€. Le résultat financier s'est établi à -19 k€ (contre -42 k€) et le résultat courant avant impôt à -698 k€.
Un produit d'impôt différé de 0,14 M€ porte le résultat net part du groupe à -555 k€, contre un bénéfice de 46 k€ un an plus tôt. Le résultat net par action ressort à -0,15 €, contre 0,01 €.
Le litige ITL au cœur du recul d'activité
Klarsen attribue ce semestre à des « événements extérieurs à l'exploitation courante ». Selon la société, le litige lié au crédit-vendeur d'ITL a atteint son point culminant sur la période : il a mobilisé la direction, généré des frais de justice et de conseil, et conduit une partie des clients et partenaires à différer leurs engagements dans l'attente de son dénouement.
Les comptes illustrent le mécanisme : la marge brute de 416 k€ n'a pas couvert des charges opérationnelles de 975 k€, d'où l'EBE négatif de 559 k€. Le groupe le reconnaît lui-même, l'adaptation des coûts « n'a toutefois pas suffi à compenser la baisse d'activité ».
Dans ce contexte, une procédure de redressement judiciaire a été ouverte le 4 mai 2026 à l'égard de la filiale ITL. Celle-ci poursuit son activité en période d'observation, en lien avec les organes de la procédure, et l'audience du Tribunal judiciaire de Strasbourg du 19 octobre 2026 a conforté la poursuite de cette période. Le groupe prépare un plan de continuation, dont la mise en place est visée avant la fin du premier semestre 2027.
Un produit exceptionnel de 800 k€ et des besoins de financement
Le 13 juillet 2026, un protocole d'accord a mis fin à l'ensemble des litiges liés au crédit-vendeur d'ITL. La dette correspondante, inscrite pour 1,2 M€ au bilan du 30 juin 2026, a été ramenée à 370 k€ par un abandon de 800 k€ en principal et de 109 k€ de frais et intérêts, ces derniers ayant déjà été pris en compte dans les comptes de l'exercice 2025.
L'abandon de 800 k€ sera comptabilisé en produit exceptionnel au second semestre. Selon Klarsen, la levée de cette incertitude a permis une reprise de l'activité dès juillet, les clients ayant différé leurs engagements revenant progressivement.
Pour la suite, le groupe s'appuie sur ses métiers historiques de data marketing et sur trois relais : le lancement de DIMEA, les prestations techniques data et l'offre de génération de leads. La direction indique que « 2026 est l'année de la reconquête ; 2027 doit être une année normative ».
Cette séquence nécessitera des moyens financiers complémentaires : le conseil d'administration dispose de la délégation de compétence consentie par l'assemblée générale du 8 octobre 2026, et la société étudie les possibilités qui s'offrent à elle. Le produit exceptionnel de 800 k€ attendu au second semestre est supérieur à la perte nette de 555 k€ enregistrée au premier.