Le CAC 40 recule encore, dans un marché européen morose
Le CAC 40 cède 0,82 % à 7 803,88 points. La séance parisienne reste sous tension, dans le prolongement d'un lundi difficile. Les inquiétudes sur la dette publique française et les remous dans la technologie entretiennent la prudence des investisseurs.
Une place parisienne sous surveillance budgétaire
L'ambiance reste pesante à Paris. Au sein du CAC 40, le déséquilibre est net : neuf valeurs progressent, vingt-sept reculent et quatre se maintiennent à l'équilibre. Le repli parisien s'inscrit dans un mouvement européen plus large, le DAX allemand lâchant 0,93 % et le STOXX 600 reculant de 0,73 % en séance. Le FTSE 100 londonien cède pour sa part 0,74 %.
La situation politique et budgétaire française demeure au cœur des préoccupations. Après les violences du week-end en marge des manifestations, les investisseurs s'interrogent à nouveau sur la capacité du gouvernement à faire adopter le budget 2027. Lundi, le rendement de l'obligation française à dix ans a atteint 4,93 % en clôture, son niveau le plus élevé depuis juillet 2002, avec un écart de 148 points de base face au rendement allemand. Une détente des taux français s'est toutefois esquissée ce mardi matin. L'attention se porte désormais sur Moody's, qui doit réexaminer vendredi 23 octobre la note souveraine Aa3 de la France, assortie d'une perspective négative.
Sanofi et TotalEnergies tiennent la corde
Dans ce climat tendu, les hausses se comptent sur les doigts d'une main. Sanofi prend la tête du CAC 40, en progression de 1,63 % à 72,17 euros. Le laboratoire a annoncé le lancement à Francfort de l'une des plus grandes usines d'insuline d'Europe, dont la production à pleine capacité est prévue pour 2032. Le projet a reçu en septembre l'approbation de la Commission européenne pour le soutien public apporté par les autorités allemandes.
TotalEnergies suit avec un gain de 0,76 % à 81,14 euros, dans un environnement de pétrole élevé : le baril de Brent évolue au-dessus de 110 dollars, sur fond de tensions au Moyen-Orient. CIC Market Solutions a confirmé son avis à l'achat, objectif de cours inchangé à 106,70 euros. Derrière, Kering avance de 0,56 % et Danone de 0,40 %. Euronext gagne 0,30 %, JP Morgan ayant relevé son objectif de 171 à 177 euros tout en maintenant une position neutre.
Schneider Electric et les valeurs électriques sous pression
Les reculs dominent largement la séance. Schneider Electric chute de 3,17 % à 244,60 euros, en tête des baisses du CAC 40. Deux semaines après l'annonce de son projet de rachat de l'éditeur américain PTC, le groupe de Rueil-Malmaison a mis en place un volet actions d'environ 6 milliards d'euros pour financer l'opération, sans droit préférentiel de souscription pour les actionnaires existants. Dans son sillage, Legrand abandonne 3,12 % à 127,20 euros.
Le compartiment technologique reste fragile : STMicroelectronics perd 3 %, alors que les interrogations sur la rentabilité des investissements massifs dans l'intelligence artificielle continuent d'agiter le secteur en Europe. Eiffage recule de 2,42 % à 96,78 euros, Goldman Sachs ayant abaissé son objectif de cours de 148 à 127 euros tout en adoptant une position neutre. Les valeurs bancaires restent pénalisées par les tensions sur la dette souveraine : Société Générale cède 2,33 % à 60,82 euros, parmi les plus fortes baisses de l'indice.