La Française de l'Énergie : la marge d'EBITDA chute de 11 points malgré une croissance de 16,5 %
La Française de l'Énergie a publié mardi ses résultats semestriels marqués par une croissance du chiffre d'affaires de 16,5 % à 14,2 millions d'euros. Parallèlement, la marge d'EBITDA s'est contractée de onze points, passant de 53 % à 42 %, reflétant une stratégie volontaire de renforcement des capacités d'exécution du groupe en préparation de sa montée en puissance industrielle programmée à partir de 2027.
Un chiffre d'affaires en progression malgré un contexte énergétique défavorable
FDE a enregistré un chiffre d'affaires consolidé de 14,2 millions d'euros au premier semestre 2026, en croissance de 16,5 % comparé au même semestre 2025 (12,2 millions d'euros). Cette progression s'appuie sur deux piliers : le retour à un niveau normal d'injection de gaz dans le réseau NaTran et la contribution d'Alltec, la société d'ingénierie norvégienne acquise en début 2025. Le groupe souligne que cette avancée s'est opérée dans un environnement moins favorable, marqué par la poursuite de la baisse des prix des énergies vendues sur la période.
La marge s'érode sous le poids d'une transformation volontaire
L'EBITDA du groupe ressort à 6,0 millions d'euros avec une marge de 42 %, contre 6,5 millions d'euros et une marge de 53 % au premier semestre 2025. Cette compression de onze points de marge reflète quatre facteurs : la baisse des prix de l'énergie, l'intégration d'Alltec (activité structurellement moins margée), le renforcement des frais de structure destinés à accompagner le changement d'échelle du groupe, et l'évolution négative de la valeur de marché des positions de couverture sur les ventes d'énergie. Le résultat net part du groupe a également baissé, passant de 1,8 million d'euros à 0,8 million d'euros. FDE assume cette dilution temporaire comme le prix d'une stratégie de préparation à la croissance future.
Un programme d'investissements massif pour transformer la plateforme industrielle
FDE a engagé 28 millions d'euros d'investissements au cours du semestre, soit près du triple des 10 millions d'euros investis au premier semestre 2025. Ces fonds sont destinés à la construction de ses trois premières unités de gaz naturel renouvelable (GNR) en Norvège, à son unité de production d'hydrogène vert, ainsi qu'à un pilote de capture du CO2 dans le Nord de la France. D'ici 2028, le groupe prévoit d'investir environ 50 millions d'euros dans 20 nouvelles unités de production d'électricité et de chaleur en France, et plus de 100 millions d'euros dans la construction en Norvège de trois usines de production de GNR et de bio-CO2. À horizon 2028, cette nouvelle génération d'actifs devrait générer plus de 60 millions d'euros de chiffre d'affaires additionnel et un EBITDA annualisé complémentaire de plus de 30 millions d'euros. Le groupe dispose d'une structure financière solide avec 102,9 millions d'euros de fonds propres, 51,6 millions d'euros de trésorerie disponible et un taux d'endettement de 77 % à un coût compétitif. FDE confirme ses objectifs 2030 : chiffre d'affaires supérieur à 175 millions d'euros, EBITDA supérieur à 85 millions d'euros et évitement de plus de 20 millions de tonnes d'émissions de CO2 équivalent par an. L'enjeu majeur pour les investisseurs demeure la capacité du groupe à convertir ce programme d'investissements massif en mises en service conformément au calendrier annoncé, en particulier la mise en production des trois unités de GNR en Norvège dès 2027 et le déploiement de 20 nouvelles unités en France suite à la signature de la convention gaz de mines avec l'État français, finalisée le 8 janvier 2026.