CAC 40 : Paris tient bon malgré un baril au-dessus de 88 dollars
Le CAC 40 grappille 0,23 % à 8 357,74 points, une progression modeste mais notable dans un environnement mondial fragilisé par la flambée du pétrole et la lourde clôture de vendredi à Wall Street. La cote parisienne résiste, portée par ses valeurs cycliques et technologiques, tandis que le luxe et les matériaux de construction refluent.
Une séance sous influence géopolitique
L'ambiance des marchés européens ce lundi est dictée par l'escalade du conflit entre les États-Unis et l'Iran, entré dans sa neuvième nuit de frappes réciproques. Le Brent évolue au-delà de 88 dollars le baril, un plus haut depuis la mi-juin, alimenté par la chute du trafic de tankers dans le détroit d'Ormuz et la reconduction du blocus naval américain sur les ports iraniens.
Cette toile de fond énergétique pèse sur les places qui ont ouvert avant Paris : le Nikkei 225 a lâché 4,03 % à Tokyo, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq ont terminé vendredi en net repli, respectivement de 1,01 % et 1,40 %. À l'inverse, Hong Kong a rebondi de 2,36 %. En Europe, le tableau est plus contrasté : le DAX progresse de 0,31 %, le STOXX 600 fait du surplace (+0,05 %), et le FTSE 100 recule de 0,39 %.
Technologie, publicité et banques en pointe
La dispersion de la cote parisienne reste favorable, avec 24 valeurs en hausse contre 15 en baisse et une stable. En tête du CAC 40, Dassault Systèmes avance de 1,73 %, suivi de Publicis Groupe (+1,62 %). Le sidérurgiste ArcelorMittal gagne 1,55 %, un mouvement en phase avec la fermeté générale des valeurs industrielles européennes.
Le secteur bancaire tire également son épingle du jeu, avec Société Générale en hausse de 1,38 %. Le semi-conducteur STMicroelectronics complète le podium avec un gain de 1,32 %, dans un contexte où les valeurs technologiques européennes évoluent à contre-courant de la faiblesse affichée par Wall Street en fin de semaine dernière.
Luxe, matériaux et aéronautique à la peine
À l'autre bout du tableau, Saint-Gobain accuse le plus fort recul de l'indice, à -1,42 %. Le géant du luxe LVMH abandonne 1,19 %, dans un climat où l'inquiétude sur le pouvoir d'achat mondial revient au premier plan avec la remontée des prix de l'énergie. L'opérateur de marché Euronext perd 0,94 %, Safran cède 0,76 % et L'Oréal recule de 0,68 %.
Le repli du luxe et de la cosmétique, combiné à celui de l'aéronautique, contraste avec la vigueur des cycliques et de la finance. Cette rotation sectorielle donne le ton d'une séance où Paris parvient à limiter l'impact des tensions internationales, alors même que le Dow Jones a clôturé vendredi en baisse de 0,77 % et que les marchés asiatiques ont livré des signaux contradictoires. Le SBF 120 progresse en parallèle de 0,22 %, à 6 323,29 points, confirmant la tonalité prudemment positive de la place parisienne à mi-journée.