La Française de l'Énergie : CA 2026 en repli à 29,1 M€, pari sur le portefeuille de projets
L'énergie renouvelable française déçoit sur les résultats immédiats mais promet l'accélération. Publié le 21 juillet 2026, le chiffre d'affaires annuel 2026 de La Française de l'Énergie atteint 29,1 M€, soit 1,3 M€ de moins qu'en 2025 et 3,9 M€ sous les attentes du marché. Cette contraction reflète un choix stratégique explicite : le groupe a décidé de recentrer ses équipes norvégiennes sur la construction de nouvelles unités productives de gaz naturel renouvelable et d'hydrogène vert. Le communiqué présente cette pause comme un investissement. Pour juger si elle est justifiée, les investisseurs attendront de voir si le pipeline d'actifs annoncé se concrétise à tempo.
Les revenus gaziers progressent, l'électricité ralentit
Les ventes de gaz ont bondi de 14 % à 9,2 M€, portées par une augmentation des volumes de 30 % (228 GWh) suite au retour à un niveau normal d'injection dans le réseau de Natran. Cette solidité contraste avec la baisse des prix (40 €/MWh contre 46 €/MWh précédemment), qui a été absorbée par l'effet volume.
L'électricité affiche une dynamique inverse : les revenus ont reculé à 11,7 M€ contre 12,9 M€ en 2025. Les volumes ont légèrement progressé de 1 % pour atteindre 139 GWh, mais les prix ont reculé de 10 % à 84 €/MWh. Le communiqué souligne que cette contraction reflète « principalement un effet prix » tandis que « les volumes demeurent solides ». En Norvège, le chiffre d'affaires s'est tassé à 7,8 M€ (contre 8,8 M€ en 2025), l'augmentation de la contribution d'Alltec en année pleine ayant été plus que compensée par la fin des contrats EPC de Greenstat en dehors du périmètre du Groupe.
Le recentrage norvégien pèse temporairement sur l'activité
La baisse du chiffre d'affaires norvégien découle d'une stratégie délibérée : les deux entités Alltec et Greenstat sont désormais « principalement dédiées aux projets de FDE » pour construire de nouvelles unités de production de gaz naturel renouvelable (GNR) et d'hydrogène vert. Cette mobilisation des ressources « réduit temporairement leur chiffre d'affaires externe ».
Le groupe affirme que cette réorientation « renforce la création de valeur » en orientant les ressources vers des actifs productifs aux revenus récurrents et aux cash-flows visibles. Cette logique suppose que les nouveaux actifs seront opérationnels et rentables conformément au planning. Une part importante de cette croissance promise repose sur des projets en construction ou en phase d'acquisition, exposant le groupe aux risques de retard ou de dérive budgétaire.
Les moteurs de croissance 2027 : France et Norvège
Le groupe table sur une augmentation supérieure à 25 % du chiffre d'affaires en 2027. Deux axes la portent : en France, deux moteurs de production d'électricité verte ont démarré en juin à Angres, portant le parc à 17 unités, et deux nouvelles unités démarreront à la rentrée à Rouvignies. Au total, 16 unités de production d'électricité et de chaleur commandées début 2026 seront installées progressivement en 2027 et 2028, avec l'objectif de doubler la production d'électricité verte sur trois ans.
En Norvège, l'acquisition de Romerike Biogassanleg AS auprès de la ville d'Oslo, finalisée le 30 juin 2026, devrait contribuer pour plus de 5 M€ au chiffre d'affaires 2027. Cette usine de production de gaz naturel renouvelable à partir de déchets organiques est déjà opérationnelle et génératrice de cash-flows. Au second semestre 2027, la mise en service de la première unité de production de GNR à Halsa en Norvège et les avancées attendues sur les tests de production d'hydrogène naturel en Moselle complètent le pipeline.