L'action Air France-KLM lâche près de 4 %, plombée par un baril à 106 dollars
Air France-KLM accuse un net repli ce vendredi, dans un contexte de forte hausse du prix du baril qui pèse directement sur les coûts du transport aérien. Le titre cède près de 4 % et s'inscrit en baisse de plus de 6 % sur la semaine, alors que la publication des résultats du premier trimestre est attendue le 30 avril.
Le choc pétrolier d'Ormuz frappe de plein fouet la compagnie aérienne
L'action Air France-KLM recule de 3,88 % en milieu de matinée, à 9,212 euros, après une clôture de la veille à 9,58 euros. Cette baisse s'inscrit dans un mouvement sectoriel marqué : le Brent a franchi les 106 dollars le baril ce 24 avril, en progression de 12 % en cinq jours, alimenté par une prime de risque liée aux tensions militaires dans le détroit d'Ormuz. Les perturbations affectant ce passage stratégique, qui concentre environ un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz, renchérissent mécaniquement la facture de kérosène des compagnies aériennes.
Le secteur aéronautique européen subit la même pression : Airbus abandonne 2,78 % et Safran cède 3,05 % en séance. Le CAC 40 perd 1,05 % à la même heure, tandis que le SBF 120 fléchit dans des proportions comparables. Si le choc pétrolier devait perdurer au-delà de 100 dollars le baril, le carburant — premier poste de charges opérationnelles du groupe franco-néerlandais — pourrait peser significativement sur les marges au cours des prochains trimestres. Air France-KLM publiera ses comptes du premier trimestre le 30 avril, un rendez-vous qui permettra de mesurer l'impact initial de cette envolée des coûts énergétiques.
Des indicateurs techniques sous pression avant une échéance clé
Sur le plan technique, le titre évolue nettement sous ses moyennes mobiles à 50 jours (10,37 euros) et à 200 jours (11,33 euros), confirmant une trajectoire baissière engagée depuis plusieurs semaines. La perte de terrain atteint 13,79 % sur trois mois. Le cours se situe actuellement dans la partie basse des bandes de Bollinger, à 36 % de la bande, entre une borne inférieure à 8,37 euros et une borne supérieure à 10,73 euros, ce qui signale un rapprochement du seuil de survente sans que celui-ci soit encore atteint. Le support le plus proche se trouve à 8,56 euros, soit environ 7 % sous le cours actuel.
L'assemblée générale du groupe est prévue le 3 juin prochain. D'ici là, les publications trimestrielles du 30 avril constitueront un catalyseur déterminant pour évaluer la capacité du management à absorber le renchérissement du kérosène. À noter que malgré le repli récent, le titre affiche encore une performance positive de 19,79 % sur un an, signe que la correction en cours intervient après une phase de nette appréciation.