L'action BNP Paribas décroche de près de 4 % après son record
L'action de la première banque française s'inscrit en net repli à la mi-séance, dans un CAC 40 lourdement sanctionné. Le mouvement intervient après une série de records atteints la semaine dernière, alors que la volatilité fait un bond marqué sur le marché européen. Les valeurs financières figurent parmi les principaux points de pression de l'indice parisien.
Un décrochage de 3,84 % qui ramène le titre sous sa moyenne mobile à 20 jours
L'action BNP Paribas perd 3,84 % à 97,87 €, contre une clôture de 101,78 € la veille. Le titre repasse en dessous de sa moyenne mobile à 20 jours (100,32 €), avec un écart de -2,44 %, tout en conservant un matelas confortable au-dessus de la MM50 (94,97 €, +3,05 %) et surtout de la MM200 (84,94 €, +15,22 %). Le RSI à 59 reste en zone neutre, signe que le mouvement du jour interrompt la dynamique récente sans encore la retourner. Le repli s'inscrit dans un CAC 40 en baisse de 2,22 % et un SBF 120 qui cède 2,18 %, alors que le VIX bondit de près de 20 % à 18,6. Le contexte pèse sur l'ensemble du compartiment bancaire : Société Générale décroche de 5,63 % et prend la dernière place du CAC 40, tandis que Crédit Agricole cède 3,13 %.
Ce repli s'inscrit dans un contexte géopolitique tendu. Les États-Unis ont mené des frappes contre l'Iran, qui revendique en riposte des tirs de missiles et drones vers des installations militaires au Koweït et à Bahreïn. Depuis Ankara, Donald Trump a par ailleurs déclaré le cessez-le-feu avec Téhéran terminé, ce qui réduit la lisibilité diplomatique à court terme. Ce regain de volatilité vient interrompre le rallye du titre, qui avait signé un record historique à 103,46 € le 6 juillet.
Une correction qui n'efface pas la performance des trois derniers mois
Malgré le décrochage du jour, le bilan pluri-mensuel reste largement positif : le titre affiche +16,9 % sur trois mois et +28,88 % sur un an. La perte hebdomadaire ressort à -4,18 %, soit une atténuation limitée du rallye printanier. Le support technique identifié à 91,76 € offre une marge de près de 6 % par rapport au cours actuel, tandis que la résistance à 103,60 € correspond à la zone du record touchée en début de semaine. Le contexte de taux reste un paramètre de fond pour la banque : l'Euribor 3M se tient à 2,339 % au 1er juin, en hausse de 0,32 point sur douze mois, tandis que l'encours de crédit aux entreprises françaises progresse de 2,8 % sur un an à 1 465 Md€.
Sur le plan des multiples, l'action se paie environ 8,5 fois les bénéfices attendus de l'exercice en cours et 7,6 fois ceux du suivant selon le consensus des analystes recensés, avec une croissance du bénéfice par action attendue de 11,7 % d'un exercice à l'autre. Le CET1 agrégé du secteur bancaire français reste solide à 15,57 % fin 2024 selon l'ACPR. La prochaine échéance de fond pour le titre sera la publication des résultats semestriels, à surveiller pour valider ou non la trajectoire de rentabilité intégrée par le marché depuis le printemps.