L'action EssilorLuxottica tombe à 149,75 €, un plancher inédit depuis 2022
EssilorLuxottica s'enfonce encore en séance ce vendredi, inscrivant en cours de journée un nouveau plancher inédit depuis 2022, l'année de la guerre en Ukraine et de la remontée des taux. Le titre figure parmi les plus fortes baisses du CAC 40, dans un marché pourtant globalement stable.
Un plus bas de quatre ans franchi alors que le titre dérive loin de ses moyennes mobiles
En milieu d'après-midi, EssilorLuxottica cède 2,06 % à 149,80 €, après avoir touché 149,75 € en séance, un niveau plus atteint depuis 2022. L'ancien plancher de 150,15 € inscrit cette année-là est désormais enfoncé, gravant un record baissier sur quatre ans. Sur la semaine, le repli avoisine 4,9 %, et sur un mois le titre abandonne près de 11,7 %.
La configuration graphique est dégradée sur toutes les échelles : le cours évolue en dessous de la MM20 à 163,32 € (écart de 8,3 %) et en dessous de la MM50 à 166,22 € (écart de près de 10 %), tandis que la MM200 à 211,81 € est 29,3 % au-dessus du cours actuel. Le RSI à 41, proche de la zone de survente sans l'avoir atteinte, traduit une pression vendeuse qui s'installe dans la durée sans signal d'épuisement franc. La résistance la plus proche se situe à 157,50 €, soit un premier palier à reprendre avant tout retour vers les moyennes.
Des fondamentaux solides au S1 2026, mais un contexte macro qui pèse sur la valorisation
Lors de la publication du S1 2026 le 28 juillet, EssilorLuxottica avait affiché un résultat opérationnel ajusté en hausse de 15 % à taux de change constants et un cash-flow libre de 1,07 milliard d'euros, en progression de 100 millions d'euros. La marge publiée ressortait à 18,6 %, contre 18,9 % à taux constants, l'effet de change pesant visiblement sur la conversion des résultats. Le partenariat noué avec Applied Materials sur les systèmes optiques intelligents figurait parmi les signaux d'avenir mis en avant à cette occasion.
Ce vendredi, le contexte de marché reste difficile pour les valeurs de consommation : le G20 Finances d'Asheville s'est conclu sans communiqué conjoint, la Chine ayant bloqué le texte sur les « pratiques non marchandes », ce qui renforce les anticipations de fragmentation commerciale sur des chaînes de valeur mondiales comme celles de l'optique. En parallèle, la montée des tensions au Moyen-Orient et un Brent proche de 95 dollars alimentent une prime de risque générale sur les actifs européens, dans un CAC 40 qui cède 0,34 % en séance. Le support à 157,50 € reste la référence à surveiller pour juger d'un éventuel retour de la demande sur le titre.