L'action EssilorLuxottica touche un plus bas de deux ans malgré une croissance à deux chiffres
EssilorLuxottica cède 2,58 % ce vendredi en milieu de matinée, à 186,85 euros, franchissant à la baisse son plancher de 2024. Le titre accuse un repli de près de 30 % sur trois mois, dans un contexte de marché parisien lui aussi orienté à la baisse, le CAC 40 reculant de 1,05 % en séance.
Un record à la baisse qui contraste avec la dynamique commerciale
Le cours d'EssilorLuxottica touche ce vendredi un plus bas depuis deux ans, à 186,85 euros, effaçant le précédent plancher de 186,80 euros enregistré en 2024. Ce niveau de prix tranche avec la publication, mercredi 22 avril, d'un chiffre d'affaires trimestriel de 7 127 millions d'euros, en progression de 10,8 % à taux de change constants, soit un troisième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres. La stratégie du groupe, adossée à ses activités d'optique, d'innovation en wearables et à l'expansion de son réseau de distribution mondial, continue pourtant de produire des résultats commerciaux robustes.
Le titre perd 27,38 % sur un an et 9,69 % sur les sept derniers jours. Le cours évolue désormais très nettement sous ses moyennes mobiles à 50 jours (212,87 euros) et à 200 jours (260,88 euros), signe d'une tendance baissière installée. Le RSI, à 38, se rapproche de la zone de survente sans y être encore entré, tandis que le titre navigue tout près de la borne inférieure des bandes de Bollinger (186,33 euros), confirmant un excès baissier potentiel. L'assemblée générale prévue le 28 avril pourrait constituer le prochain catalyseur pour la valeur.
UBS et Morgan Stanley maintiennent leurs convictions acheteuses
Malgré cette chute marquée, deux grandes banques d'investissement ont réaffirmé la veille leur confiance dans le dossier. UBS a ajusté son objectif de cours de 315 à 312 euros tout en conservant sa recommandation d'achat. Morgan Stanley a réduit sa cible plus significativement, de 365 à 315 euros, mais maintient un avis de surpondération. Aux niveaux actuels, ces objectifs impliquent un potentiel de revalorisation compris entre 67 % et 69 % par rapport au cours de ce matin, un écart inhabituellement élevé qui reflète la divergence entre les fondamentaux perçus par les analystes et la trajectoire du titre en Bourse.
Sur le marché parisien, d'autres grandes capitalisations du luxe et de la consommation sont également sous pression ce vendredi : LVMH recule de 1,67 % et L'Oréal de 0,78 % en séance. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui alimentent la flambée du Brent au-delà de 106 dollars, pèsent sur l'ensemble de la cote en ravivant les craintes inflationnistes et en éloignant la perspective de baisses de taux directeurs. Ce climat macroéconomique dégradé constitue un vent contraire supplémentaire pour les valeurs de croissance comme EssilorLuxottica, dont les multiples de valorisation sont particulièrement sensibles à l'évolution des taux d'intérêt.