L'action Interparfums chute de 10 % à la mi-journée après la révision de ses prévisions
Le spécialiste des parfums sous licence a subi un décrochage brutal ce mercredi en séance parisienne, accusant un repli de 10,06 % pour s'établir à 23,96 euros à la mi-journée. Cette chute intervient après que le groupe ait annoncé avant l'ouverture qu'il anticipait environ 890 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025 à taux courants, soit 900 millions à taux constants, révisant ainsi à la baisse pour la deuxième fois son objectif initial. Le marché mondial de la parfumerie, qui a progressé modestement cette année, pèse sur les perspectives du groupe détenteur de licences pour des marques comme Coach, Lacoste et Jimmy Choo. Plus préoccupant encore, Interparfums s'est abstenu de fournir des prévisions formelles pour 2026 en raison de la détérioration des conditions du marché, des pressions tarifaires et d'un cycle d'investissement qui devrait peser sur la rentabilité à court terme.
Chutant de près de 10 %, à 23,96 euros vers midi, Interparfums enregistrait ainsi l'un des plus forts replis du SBF 120, avec seulement 0,17 % du capital échangé sur la séance. Le titre retombait ainsi sur son plus bas niveau depuis plusieurs mois, franchissant son seuil de support à 26,64 euros établi la veille. Cette nouvelle dégradation s'inscrit dans une tendance baissière persistante, le titre affichant un recul cumulé de 13,5 % sur sept jours et de 25,13 % sur trois mois. Sur un an, la contre-performance atteint 33,44 %, contrastant fortement avec la progression de 9,35 % du CAC 40 sur la même période, qui terminait d'ailleurs en légère baisse de 0,11 % ce mercredi.
Le fabricant de parfums a réduit son objectif de chiffre d'affaires 2025 précédemment annoncé d'environ 900 millions d'euros à environ 890 millions d'euros, une réduction de 1 % qui intervient inhabituellement tard dans l'exercice fiscal, reflétant un environnement de fin d'année plus défavorable que prévu, notamment alors que les détaillants sur les principaux marchés continuent de réduire leurs stocks. Selon le groupe, les ventes de 2026 seront impactées par un environnement économique et géopolitique probablement toujours dégradé, une parité euro-dollar négative à hauteur d'une vingtaine de millions d'euros, et une base de comparaison défavorable avec la fin du contrat de licence Boucheron au 31 décembre 2025.
Interparfums s'attend à une année 2026 « tournée vers l'avenir », avec des extensions de lignes sur ses marques actuelles et la préparation des premiers lancements pour Off-White et Longchamp en 2027, mais « la multiplicité des paramètres, favorables et défavorables » empêche le groupe d'établir des prévisions de ventes pour 2026. Philippe Benacin, PDG, a reconnu qu'"après plusieurs années de très forte croissance et un chiffre d'affaires pratiquement doublé en quatre ans, 2025 voit sa croissance ralentir", ajoutant que la société se prépare à une année 2027 très dynamique avec plusieurs lancements majeurs. La direction attribue la pression sur la rentabilité au report des gains fiscaux exceptionnels comptabilisés en 2025, à l'impact des tarifs douaniers et aux investissements pour soutenir de nouvelles marques, principalement Off-White et Longchamp, qui ne contribueront pas significativement avant le début de leur distribution en 2027.
Malgré le ralentissement des revenus, Interparfums reste confiant dans sa capacité à maintenir une marge d'EBIT proche de 20 % pour 2025, s'appuyant sur la flexibilité de son modèle opérationnel caractérisé par une production externalisée et des coûts fixes limités. Kepler Cheuvreux maintient sa recommandation « conserver », s'attendant à ce que l'action reste sous pression avec des catalyseurs limités et une décote continue.
Sur le plan technique, la situation se dégrade nettement. Le RSI plonge à 19, un niveau de survente extrême qui témoigne de l'intensité de la pression vendeuse et pourrait annoncer un épuisement du mouvement baissier à court terme, bien que ce signal doive être confirmé. Le titre évolue désormais largement sous sa moyenne mobile à 50 séances, établie à 28,63 euros, et encore plus loin de sa MM200 à 34,47 euros, matérialisant une tendance de fond clairement baissière.
Le MACD affiche une configuration dégradée, avec une ligne MACD à -0,48 et une ligne de signal à -0,30, tandis que l'histogramme négatif à -0,18 confirme la poursuite de la dynamique de vente. Le Money Flow Index (CMF) à -0,39 souligne la persistance de sorties de capitaux importantes. Le franchissement du support à 26,64 euros ouvre désormais la voie à un test de nouveaux plus bas, la prochaine zone de soutien potentiel se situant autour des 24 euros. À l'inverse, un retour au-dessus de 26,64 euros, devenu résistance, serait nécessaire pour envisager une stabilisation technique, la résistance majeure restant fixée à 30,20 euros.