L'action Kering chute de près de 10 % : Gucci recule encore, les analystes abaissent leur cible
Le titre Kering subit ce mercredi un décrochage brutal, cédant près de 10 % à 252,10 euros, au lendemain de la publication du chiffre d'affaires du premier trimestre 2026. Le groupe de luxe a dévoilé des résultats contrastés, entre stabilisation globale des revenus et poursuite du recul de sa marque phare. Sur le CAC 40, en repli de 0,63 % en séance, Kering figure parmi les plus fortes baisses.
Gucci en recul, joaillerie au sommet : des résultats trimestriels à deux vitesses
La chute du cours s'explique directement par les données publiées mardi soir. Kering a fait état d'un chiffre d'affaires trimestriel stable, mais cette apparente résilience dissimule des écarts considérables entre les divisions. Gucci, qui représente le cœur du groupe, enregistre un nouveau repli de 8 % en données comparables, prolongeant une dynamique défavorable qui pèse lourdement sur la valorisation d'ensemble. À l'opposé, la branche joaillerie a atteint un niveau historique avec une croissance de 22 %, tandis que la division eyewear signe son meilleur trimestre. Le groupe a par ailleurs finalisé trois transactions majeures dans la beauté, la joaillerie et l'immobilier, visant à renforcer son bilan et à clarifier ses priorités stratégiques. Malgré ces opérations, c'est bien la trajectoire de Gucci qui concentre l'attention et alimente la correction du jour.
Dans le secteur du luxe parisien, la pression est également perceptible : LVMH recule de 1,17 % et L'Oréal cède 0,65 % en séance, mais aucun pair ne subit un repli comparable à celui de Kering.
Révisions d'objectifs et signaux techniques sous tension
Ce mercredi, deux grandes banques ont revu à la baisse leur objectif de cours sur le titre. UBS a abaissé sa cible de 300 à 271 euros, tout en conservant un avis neutre. Deutsche Bank a de son côté ramené son objectif de 290 à 280 euros, maintenant également une recommandation à conserver. Ces deux ajustements situent désormais le potentiel de revalorisation entre 7,5 % et 11 % par rapport au cours actuel de 252,10 euros, ce qui traduit une prudence marquée quant au rythme de redressement du groupe.
Sur le plan technique, le titre a brutalement décroché sous sa moyenne mobile à 50 jours, située à 264,40 euros, et évolue désormais nettement en dessous de sa moyenne à 200 jours (267,31 euros). Le cours se positionne dans la partie basse des bandes de Bollinger, à 42 % de l'amplitude entre la borne inférieure (228,62 euros) et la borne supérieure (284,83 euros). Le prochain seuil de support technique se situe à 232,60 euros, niveau qui pourrait être testé en cas de poursuite de la pression vendeuse. L'assemblée générale de Kering, prévue le 28 mai prochain, constituera la prochaine échéance calendaire pour le groupe.