L'action Nexans recule de 4,37% à mi-journée après l'annonce de retards sur le projet Great Sea Interconnector
Un retrait marqué suite aux incertitudes sur le méga-contrat grec
Nexans a annoncé ce mardi 6 janvier des retards dans la réalisation du projet Great Sea Interconnector, un contrat de 1,4 milliard d'euros remporté en 2023 et qui porte sur la fourniture de câbles sous-marins pour une interconnexion électrique entre la Grèce et Chypre. Un réaménagement du calendrier d'activités est actuellement à l'étude avec le client. Le titre a enregistré un repli de 4,37% à 126,90 euros à la mi-journée, après avoir ouvert en forte baisse de près de 5%, effaçant ainsi la progression de 1,12% enregistrée sur les sept derniers jours. Les volumes d'échanges restent néanmoins modérés avec une part de capital échangée de 0,09%. Cette correction intervient après une hausse de 21,9% sur un an et une baisse de 3,06% sur trois mois, plaçant le cours toujours largement au-dessus des moyennes mobiles à 50 jours (123,88 euros) et à 200 jours (115,10 euros).
Nexans précise dans sa communication du jour qu'il va dévoiler ses objectifs 2026 à l'occasion de la publication de ses résultats annuels 2025, le 19 février 2026. Le câblier a toutefois réaffirmé que ces ajustements vont affecter la date de livraison du projet, mais qu'ils n'auront toutefois pas d'incidences sur ses objectifs 2028, grâce à la solidité du carnet de commandes du groupe et à la mise en œuvre proactive d'actions visant à compenser tout impact potentiel dès 2026. Cette déclaration n'a pas suffi à rassurer les investisseurs qui gardent en mémoire les turbulences de début décembre, où le 9 décembre dernier, Nexans avait chuté de plus de 6%, sur des informations de presse selon lesquelles le groupe français aurait annulé les appels d'offres pour les travaux liés à ce contrat majeur après la décision conjointe de Chypre et de la Grèce de geler ce projet d'interconnexion électrique.
JP Morgan relève son objectif de cours malgré les incertitudes calendaires
Dans ce contexte d'incertitudes, la banque américaine JP Morgan a néanmoins relevé ce mardi même son objectif de cours sur le titre de 131 à 145 euros, tout en maintenant sa recommandation neutre. Cette revalorisation de près de 11% intervient paradoxalement le jour de l'annonce des retards sur le projet GSI, suggérant que l'analyste privilégie une vision de long terme sur la valeur. Cette révision s'inscrit dans un consensus modéré avec un objectif moyen des analystes établi à 134 euros selon les dernières données disponibles. Jefferies avait de son côté légèrement rehaussé sa cible de 139 à 140 euros le 16 décembre dernier, maintenant également une recommandation de conservation.
Le RSI à 64 suggère un titre en zone d'achat modéré sans surchauffe apparente, tandis que le MACD reste positif avec une ligne à 1,03 au-dessus de sa signal à 0,39, confirmant une dynamique haussière sous-jacente. Les bandes de Bollinger, comprises entre 119,65 et 132,22 euros, placent le cours actuel près de la borne inférieure après ce recul, laissant entrevoir un potentiel de rebond technique. Nexans fait d'ailleurs partie de la trentaine de valeurs européennes favorites d'Oddo BHF pour 2026. Le courtier s'attend à ce que la société poursuive la bonne dynamique de résultats initiée en 2018 par l'ancien directeur général, Christopher Guérin, remplacé en novembre dernier par Julien Hueber.
Une transformation stratégique poursuivie malgré les aléas conjoncturels
Au-delà des turbulences liées au projet Great Sea Interconnector, Nexans poursuit sa transformation en pure player de l'électrification. Le groupe a finalisé le 17 décembre l'acquisition d'Electro Cables Inc. au Canada, une société générant environ 125 millions d'euros de chiffre d'affaires, renforçant ainsi sa présence en Amérique du Nord dans les câbles basse tension. Par ailleurs, le groupe est entré en négociations exclusives le 22 décembre avec le groupe indien Motherson pour la vente de sa filiale Autoelectric, spécialisée dans les faisceaux de câblage automobile, pour une valeur d'entreprise de 207 millions d'euros. Cette transaction, qui devrait se conclure à mi-année 2026, marque l'achèvement de la transformation stratégique du groupe français.
Indépendamment du projet GSI, Nexans reste très confiant dans les perspectives de croissance à long terme de son activité PWR-Transmission, portée par des tendances structurelles fortes et un carnet de commandes solide et diversifié. Le groupe a ajusté ses perspectives 2025 au nouveau périmètre, avec un EBITDA ajusté attendu entre 710 et 760 millions d'euros, contre une fourchette de 810 à 860 millions annoncée en juillet incluant les activités cédées. Le flux de trésorerie disponible demeure inchangé entre 275 et 375 millions d'euros, et les objectifs 2028 sont confirmés. Avec un chiffre d'affaires standard de 7,1 milliards d'euros en 2024 et 28 500 collaborateurs dans 41 pays, Nexans conserve les fondamentaux d'un acteur majeur de la transition énergétique, malgré les aléas calendaires sur ses grands projets d'infrastructure.