L'action Shell inscrit un record à 42,13 €, au plus haut depuis 2005
Shell touche ce lundi un nouveau sommet en séance, franchissant un niveau inédit depuis plus de deux décennies, dans un contexte de forte tension sur les marchés pétroliers. Le titre progresse alors que les places européennes évoluent dans le rouge, illustrant la décorrélation du secteur énergétique avec le reste du marché.
Un record à 42,13 € inscrit dans un contexte de choc pétrolier persistant
Shell a touché 42,13 € en séance ce lundi, battant ainsi son précédent record qui datait de 2005 et s'établissait à 42,10 €. Le cours actuel à 42,01 € s'est légèrement replié depuis ce pic intraday, mais la progression reste solide à +1,44 % sur la séance, après un gain de près de 5 % sur la semaine écoulée. Ce rebond s'inscrit dans un environnement pétrolier sous haute pression : le Brent cote 107,55 $/baril en séance, en hausse de 2,81 %, porté par la fermeture de l'oléoduc Est-Ouest saoudien après des frappes de drones houthis et par les tensions persistantes autour du détroit d'Ormuz. Ces perturbations physiques de l'offre, qui menacent jusqu'à 4 % de la production mondiale, soutiennent mécaniquement les valeurs intégrées comme Shell.
Sur trois mois, le titre affiche une progression de 12,6 %, et sur douze mois, la hausse atteint 37 %. Ce record intervient sur fond de solides fondamentaux récents : les accords de cession de RISEC et de rachat de Hunlock, signés en septembre, témoignent d'une stratégie active de recomposition du portefeuille d'actifs nord-américains. Le bénéfice ajusté du premier semestre 2026, publié fin juillet, avait atteint 16,8 Md$ en hausse de 68 %, consolidant l'image d'un groupe dont la profitabilité progresse nettement. Selon le consensus des analystes recensés, le titre se paie environ 8,7 fois les bénéfices de l'exercice en cours, une valorisation contenue pour une major pétrolière en phase de forte croissance des profits.
Une configuration technique en zone de surachat, avec la résistance des 43 € en ligne de mire
Du côté des indicateurs de marché, la configuration est nettement haussière sur toutes les horizons mobiles. Le cours cote au-dessus de la MM20 à 39,98 € (écart de +5,08 %), au-dessus de la MM50 à 38,65 € (+8,69 %) et bien au-dessus de la MM200 à 35,96 € (+16,82 %). Cette structure témoigne d'une tendance haussière affirmée sur toutes les échéances. Revers de la médaille, le RSI est monté à 72, signalant une configuration de surachat qui peut précéder des phases de consolidation, même si un RSI élevé en tendance forte peut rester à ces niveaux un certain temps. Le prochain repère technique au-dessus du cours actuel est la barre psychologique des 43 €, un palier rond prospectif sans antécédent de résistance au-dessus du titre.
En bas, le support immédiat se situe à 38,39 €, correspondant à l'ancienne résistance franchie lors de la dernière phase de progression. Le marché européen offre un contexte contrasté : le CAC 40 cède 0,92 % et le SBF 120 recule de 0,9 % en séance, tandis que le VIX a bondi de 14,52 % à 18,14, signalant une remontée sensible de la volatilité implicite dans un contexte de « super semaine » des banques centrales (Fed mercredi, Banque d'Angleterre jeudi, Banque du Japon vendredi). Shell navigue à contre-courant de cette prudence générale. Le paiement du prochain dividende est programmé le 21 septembre 2026, l'acompte du deuxième trimestre ayant été fixé à 0,3366 € par action.