Maurel & Prom : résultat net en hausse de 72 %, mais un EBITDA en chute de 32 %
Les comptes 2025 de Maurel & Prom racontent deux histoires. La première, celle des chiffres : un résultat net part groupe de 410 M$, en hausse de 72 %, et une trésorerie nette positive portée à 179 M$ au 31 décembre. La seconde, celle de la réalité opérationnelle : un EBITDA en repli de 32 % à 249 M$, miné par des prix de vente d'huile tombés de 80,3 dollars le baril en 2024 à 69,4 dollars en 2025. Entre ces deux réalités, la stratégie du groupe est claire : monétiser ses actifs historiques et réinvestir massivement dans le Venezuela et les acquisitions pour relancer la machine de croissance.
Un résultat gonflé par l'argent frais de Seplat, l'EBITDA en chute libre
Le groupe a enregistré un chiffre d'affaires de 578 M$ en 2025, en recul de 29 % sur un an, pénalisé à la fois par la baisse des prix et par un impact comptable de 42 M$ lié aux écarts d'enlèvements. L'EBITDA, qui mesure la performance opérationnelle réelle, s'est contracté de 32 % à 249 M$. Mais le résultat net consolidé a bondi à 428 M$ (+ 74 %), porté par un gain unique de 287 M$ comptabilisé lors de la cession de la participation de 20,07 % dans Seplat Energy, vendue 496 M$ au total à Heirs Energies. Hors ce gain exceptionnel, le résultat net consolidé courant du groupe ne s'élevait qu'à 166 M$, en baisse de 35 % par rapport à 2024. Cette différence révèle l'écart entre un résultat comptable dopé par une opération ponctuelle et une activité opérationnelle affaiblie.
La production stable mais sans dynamique, sauf au Venezuela
La production totale en part M&P s'établit à 37 096 barils équivalent pétrole par jour en 2025, en hausse modeste de 2 % seulement sur un an. Mais cette stabilité masque des divergences majeures. Au Gabon, la production d'huile recule de 6 % à 14 662 b/j, pénalisée par des problèmes d'export en second semestre. En Tanzanie, le gaz naturel diminue de 3 %. En Angola, la production stagne. Seul le Venezuela explose, avec une hausse de 34 % à 8 194 b/j pour l'année, confirmant le potentiel de cet actif. Cette concentration du dynamisme dans un seul pays illustre aussi la dépendance croissante du groupe à la levée des sanctions américaines. L'émission le 18 février 2026 de la General License 50A par l'OFAC, qui autorise expressément M&P à opérer au Venezuela, change la donne : le groupe prévoit une reprise des enlèvements et projette de recevoir 100 M$ de dividendes en 2026 au titre de sa participation de 40 % dans PRDL, sous réserve de cette reprise.
Une stratégie de croissance ambitieuse, financée par les cessions et la trésorerie
Fort d'une position de trésorerie nette positive de 179 M$ au 31 décembre 2025 (avant impact du M&A), M&P a finalisé début janvier 2026 l'acquisition de 61 % du permis gazier Sinu-9 en Colombie pour un total de 229 M$. Cette opération en fait l'opérateur d'un actif capable de produire 40 Mpc/j d'ici le deuxième trimestre 2026, contre 14 Mpc/j actuellement. Le groupe a également pris pied en Angola via le Bloc 3/24. En 2026, M&P prévoit des investissements de développement de 240 M$ et d'exploration de 42 M$, portant ses dépenses d'investissement à des niveaux record. Pour 2026, le groupe projette une production de 42 700 bep/j en part M&P, soit une hausse de 15 % attendue. Sous des hypothèses de prix pétrolier à 60 dollars le baril, le flux de trésorerie généré par les opérations devrait atteindre 240 M$. En parallèle, le conseil propose un dividende de 0,38 euro par action, en hausse de 15 %, signalant la confiance du management dans sa capacité à financer à la fois la croissance et les retours aux actionnaires.