Mersen : le résultat net s'effondre de 76 %
Mersen a clôturé l'année 2025 avec un chiffre d'affaires de 1 186 millions d'euros, en repli de 3,2 % en données organiques. Si le groupe a maintenu son EBITDA margin before non-recurring items à 16 %, le résultat net s'est effondré à 14,1 millions d'euros, impacté par une dépréciation d'actifs de 45 millions d'euros sans impact en trésorerie. Ces résultats contrastés reflètent les turbulences du secteur des semiconducteurs SiC et du marché solaire chinois, tandis qu'une reprise est attendue en 2026.
Des ventes en recul mais une marge opérationnelle préservée
Le géant des matériaux avancés et de l'énergie électrique a publié des résultats mitigés pour 2025. Si le groupe a maintenu son EBITDA margin before non-recurring items à 16,0 % contre 16,5 % en 2024, le chiffre d'affaires consolidé s'est contracté de 3,2 % en organique à 1 186 millions d'euros. Cette baisse masque des dynamiques sectorielles très contrastées : les marchés de la distribution électrique, de l'éolien et des transports ferroviaires ont affiché des performances solides, tandis que le marché solaire a enregistré une forte baisse due aux stocks excessifs chez les fabricants chinois de cellules photovoltaïques. Le secteur des semiconducteurs SiC a également connu un recul marqué, reflétant le délai de la demande du marché des véhicules électriques. L'impact des variations de change s'est chiffré à plus de 40 millions d'euros, notamment en raison de la dépréciations des dollars américain et canadien ainsi que du renminbi chinois.
Un résultat net minoré par une lourde dépréciation d'actifs
Au-delà de la stabilité apparente des marges, les chiffres du résultat net révèlent une situation plus difficile. Le résultat net attribuable aux actionnaires de Mersen s'est effondré à 14,1 millions d'euros en 2025 contre 59,0 millions d'euros en 2024, soit un repli de 76 %. Cette chute découle principalement d'une dépréciation d'actifs de 45 millions d'euros sans impact en trésorerie, dont une perte de 37 millions d'euros sur les actifs sous-utilisés de fabrication de substrats de carbure de silicium polycristallin ( p-SiC ), suite à la révision à la baisse des volumes prévus par Soitec en raison du ralentissement de la demande du marché des véhicules électriques. Le ratio de rentabilité du capital employé (ROCE) a également fléchi à 8,4 % contre 10,8 % en 2024, reflétant le cycle d'investissement majeur du groupe. À titre positif, le groupe est revenu à un free cash flow positif en 2025, un an plus tôt que prévu, grâce à une réduction des stocks de 29 millions d'euros et à une optimisation du besoin en fonds de roulement, ramené à 17,8 % des ventes contre 19,7 % en 2024.
Une reprise attendue en 2026, mais sous conditions
Mersen mise sur un retour à la croissance en 2026 avec une guidance prudente. Le groupe anticipe une croissance organique du chiffre d'affaires comprise entre 2 % et 6 %, portée par l'ensemble de ses marchés à l'exception du secteur solaire qui devrait rester déprimé à bas niveau. L'EBITDA margin before non-recurring items devrait s'établir autour de 16 % ( +/- 50 points de base ), tandis que la marge opérationnelle avant éléments non récurrents devrait atteindre 8,5 % ( +/- 50 points de base ), pénalisée par une forte augmentation des amortissements. Les investissements en capital devraient diminuer significativement à entre 90 et 100 millions d'euros. À moyen terme, le groupe confirme ses objectifs 2029 : un chiffre d'affaires autour de 1,7 milliard d'euros, une marge opérationnelle avant éléments non récurrents de 12 % et un ROCE de 13 %. Mersen maintiendra son dividende inchangé à 0,90 euro par action, validant sa confiance dans la trajectoire future malgré les turbulences actuelles.