Œnéo : le CA recule de 4,9 % au T1, l'Élevage chute de 19,6 %
Oeneo a publié le 20 juillet 2026 un chiffre d'affaires de 66,4 M€ au premier trimestre de l'exercice 2026-2027, en recul de 4,9 % sur un an, en ligne avec les attentes des analystes. Cependant, ce résultat global masque une divergence accrue entre ses deux divisions : le Bouchage demeure résilient avec une baisse limitée à 1,8 %, tandis que l'Élevage plonge de 19,6 %. Cette contraction révèle une dépendance croissante à un seul secteur dans un environnement où la prudence des viticulteurs s'accentue.
Bouchage quasi stable, Élevage en recul prononcé
La Division Bouchage a commercialisé plus de 510 millions de bouchons en liège au cours du trimestre, pour un chiffre d'affaires de 56,7 M€, quasi stable par rapport à la même période l'an passé (-1,8 %). Cette résilience contraste avec la tendance observée en fin d'exercice 2025-2026. Le groupe attribue cette amélioration à des volumes de ventes plus résistants et à un mix produit plus favorable, porté notamment par la dynamique du segment milieu/haut de gamme Diam. Sur le plan géographique, la progression en Europe, particulièrement en Espagne et Italie, a compensé les reculs en France et aux États-Unis, pénalisés par les faibles vendanges de 2025.
L'activité Élevage, en revanche, s'inscrit en nette contraction avec un chiffre d'affaires de 9,7 M€, soit un recul de 19,6 % comparé au premier trimestre 2025-2026. Ce déclin prolonge la tendance observée en fin d'exercice précédent et reflète la forte prudence des clients dans leurs décisions d'investissement. Le segment des grands contenants, particulièrement affecté sur le marché français du cognac, a enregistré les baisses les plus marquées. Les ventes de futaille résistent davantage, bénéficiant d'une bonne dynamique sur les marchés émergents et d'un niveau de commandes en France et Europe traduisant des récoltes plus précoces.
Investissement réduit des viticulteurs, premier trimestre peu représentatif
L'écart de performance entre les deux divisions s'explique principalement par l'environnement sectoriel défavorable. Le groupe souligne que les faibles volumes de production viticole et l'érosion de la consommation mondiale de vin limitent les perspectives à court terme. En particulier, la baisse des investissements des viticulteurs frappe directement la Division Élevage, historiquement plus sensible aux décisions d'équipement. Le premier trimestre constitue traditionnellement la période la moins représentative de l'exercice pour cette activité, laissant les vendanges à venir dans l'hémisphère nord comme point déterminant pour la suite.
Cette situation contraste avec le Bouchage, dont l'activité repose sur des volumes de production immédiats, plus stables du fait de la fidélité de la clientèle et de la capacité du groupe à conquérir de nouveaux marchés malgré l'environnement économique exigeant. La part croissante du Bouchage dans le chiffre d'affaires total (85 %) accroît ainsi la dépendance du groupe à un seul segment.
Consolidation organique et renforcement par acquisition
En l'absence d'évolution significative sur son marché, le groupe Oeneo a confirmé pour l'exercice 2026-2027 le scénario d'une nouvelle année de consolidation sur son périmètre organique, avec un accent sur la maîtrise des coûts, la poursuite de l'innovation et la gestion rigoureuse de la trésorerie. Parallèlement, le groupe poursuit sa stratégie de croissance externe en finalisant l'acquisition de Lamouroux, entreprise girondine spécialisée dans la thermorégulation vinicole, afin d'enrichir son offre dans le secteur Élevage et accompagner les viticulteurs tout au long du cycle d'élaboration du vin. Cette acquisition, annoncée le 8 juillet 2026, vise à renforcer le positionnement stratégique de la Division Élevage face à ses défis actuels.
Pour les investisseurs, l'enjeu principal réside dans la capacité du groupe à stabiliser puis à redynamiser l'Élevage au-delà du premier semestre, notamment lors de la publication du chiffre d'affaires semestriel prévue le 3 novembre 2026. La résilience du Bouchage offre un socle stable mais insuffisant pour compenser la contraction du second pilier.