Pizzorno Environnement : l'OPA de Paprec à 62,50 € jugée équitable malgré les objections d'un minoritaire
Visant 991 088 actions, soit 24,78 % du capital de Groupe Pizzorno Environnement, l'offre publique d'achat simplifiée déposée par Paprec Group sera ouverte pendant 10 jours de négociation et ne sera pas suivie d'un retrait obligatoire, le concert formé avec la famille Pizzorno-Devalle détenant déjà 75,22 % du capital et 82,43 % des droits de vote théoriques.
Expert favorable, conseil unanime pour l'apport
Le cabinet Crowe HAF, expert indépendant mandaté par le conseil d'administration, a conclu dans son rapport du 27 juillet 2026, puis dans un addendum du 9 octobre 2026, que le prix de 62,50 € par action est équitable, du point de vue financier, pour les actionnaires minoritaires. Ce prix est identique à celui payé par Paprec Group pour les 1 225 617 actions (30,64 % du capital) acquises auprès de la famille Pizzorno-Devalle en juin 2026.
Selon l'expert, il fait ressortir une prime de 10,2 % sur la valeur issue des flux de trésorerie actualisés (56,70 €), de 6,0 % et 9,9 % sur les cours moyens pondérés à 60 et 20 jours (58,99 € et 56,89 €), et de 19,2 % sur la méthode des comparables boursiers (52,45 €).
Le conseil d'administration du 28 juillet 2026, suivant la recommandation unanime du comité ad hoc, a considéré à l'unanimité que l'offre est conforme aux intérêts de la société, de ses actionnaires et de ses salariés. Il a recommandé aux actionnaires souhaitant bénéficier d'une liquidité immédiate d'apporter leurs titres, en soulignant que ceux qui souhaitent les conserver ont la faculté de ne pas le faire.
La famille Pizzorno-Devalle s'est engagée à ne pas apporter ses actions, tout comme le président du conseil, Mathieu Petithuguenin, pour l'action qu'il détient, et l'administrateur indépendant Reynald Gorini, pour ses 65 actions. Les 135 917 actions autodétenues ne seront pas apportées. L'ouverture sera précédée d'un avis de l'AMF et d'un avis d'Euronext Paris fixant son calendrier.
Contestations d'un minoritaire : les réponses de l'expert et l'AMF
Un actionnaire minoritaire a soutenu que le prix de 62,50 € serait insuffisant. Selon lui, le prix issu de la promesse d'achat ne pouvait servir de référence principale, car il résulterait d'une formule contractuelle et constituerait un prix plafond ; le plan d'affaires serait « très pessimiste » au regard des performances récentes et d'un carnet de commandes d'un milliard d'euros ; enfin, le titre ne serait pas assez liquide pour que le cours de bourse constitue une référence pertinente.
L'AMF a relevé que l'expert avait répondu de manière détaillée à ces arguments et a estimé que la transaction de juin 2026, si elle ne suffit pas à elle seule à justifier le prix, demeure une référence pertinente dans une analyse multicritère.
Sur le plan d'affaires, l'Autorité indique que la valeur terminale (56 % de la valeur d'entreprise issue des flux actualisés) suppose le maintien à l'infini de la contribution du site de Pierrefeu-du-Var, qui représente 40 % de l'EBITDA.
Or ce site devra, selon la société, fermer au plus tard en 2034 en raison de l'atteinte de ses capacités maximales d'enfouissement, aucun site de remplacement n'ayant été identifié à ce jour.
L'écart entre la croissance annuelle moyenne de 6,7 % réalisée entre 2020 et 2025 et celle de 2,1 % retenue pour 2026-2029 s'explique, selon la société, essentiellement par des éléments non récurrents, notamment la diminution des tonnages exceptionnels sur le site Ecopôle Azur Valorisation entre 2024 et 2027.
L'expert précise que le carnet de commandes de 1,0 milliard d'euros au 10 septembre 2026 est déjà pris en compte dans le plan d'affaires et qu'il « s'affiche en diminution » par rapport aux 1,12 milliard d'euros publiés le 6 mai 2026.