Le CAC 40 finit en hausse à la clôture, mais la prime de risque française ne faiblit pas
Paris a terminé la séance de lundi dans le vert, le CAC 40 gagnant 0,83 % à 7847,32 points. Une légère avancée, mais qui est advenue sur fond de tensions persistantes sur la dette française, à quelques jours d'une semaine chargée du côté des banques centrales.
Une séance verte sous tension obligataire
La tendance a été nettement orientée à la hausse tout au long de la journée. Sur les 40 valeurs de l'indice, 32 ont progressé et seulement 8 ont reculé, signe d'un marché porté par un large mouvement d'achat plutôt que par quelques locomotives isolées.
Le climat reste pourtant marqué par la pression sur les emprunts d'État. Le rendement de l'OAT à 10 ans se maintient au-dessus de 5 % depuis le 21 octobre, un plus haut depuis 2002, tandis que l'écart de taux entre la France et l'Allemagne a culminé autour de 171 points de base le 22 octobre avant de refluer vers 167,5 points en fin de semaine. La France emprunte désormais plus cher que l'Italie sur cette échéance, une inversion inédite de la hiérarchie des primes de risque souveraines en zone euro.
Moody's a maintenu le 23 octobre la note de la France à Aa3, assortie d'une perspective négative, alors que certains investisseurs redoutaient une dégradation. L'agence a toutefois pointé un endettement élevé, autour de 120 % du PIB, et une trajectoire budgétaire jugée fragile dans un Parlement fragmenté.
Les décisions de banques centrales en toile de fond
Cette séance s'inscrit en ouverture d'une semaine chargée. La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, la Banque du Japon et la Banque du Canada rendent toutes leurs décisions entre le 28 et le 30 octobre, en parallèle de la publication du PIB américain du troisième trimestre et de l'indice d'inflation PCE.
Les marchés anticipent majoritairement un statu quo de la Fed et de la BCE, cette dernière privilégiant pour l'instant le message selon lequel la discipline budgétaire doit venir des États membres. Du côté de Wall Street, le S&P 500 progressait de 0,75 % et le Nasdaq 100 de 1,29 % en séance au moment de la clôture parisienne, tandis que le Dow Jones gagnait 0,30 %. En Europe, la journée s'est achevée sur une note positive partout, avec un DAX en hausse de 0,91 % et un FTSE 100 en progression de 0,72 % à la clôture.
Stellantis et le luxe en tête, EssilorLuxottica à contre-courant
En haut du tableau, Stellantis signe la meilleure performance de l'indice avec un gain de 3,91 % à 3,69 euros. Le luxe suit de près, Hermès avançant de 3,23 % à 1278,5 euros. La technologie n'est pas en reste : STMicroelectronics gagne 2,62 % à 40,5 euros, le groupe ayant annoncé lundi le lancement de ses premiers capteurs automobiles issus du rachat des activités MEMS de NXP, une gamme de capteurs combinés destinés aux fonctions avancées de sécurité et d'aide à la conduite. Les valeurs financières et de la construction complètent le peloton de tête, avec BNP Paribas (+2,43 %) et Eiffage (+2,34 %).
À l'inverse, EssilorLuxottica ferme la marche avec un recul de 3,42 % à 175 euros, dans une séance où CIC Market Solutions a confirmé son conseil à l'achat avec un objectif de cours maintenu à 210 euros. Publicis cède 1,58 % à 99,26 euros, suivi d'ArcelorMittal (-0,90 %) et d'Euronext (-0,45 %). Carrefour clôture sur un repli limité de 0,43 % à 13,78 euros. Un tableau des baisses réduit, à l'image d'une séance largement dominée par les acheteurs.