Unilever relève ses objectifs 2026 après son meilleur trimestre en volume depuis plus de dix ans
Unilever a publié le 28 juillet un premier semestre 2026 porté par une croissance sous-jacente de 4,8 %, dont 4,2 % de volume, avec une accélération au deuxième trimestre à 5,8 % et une progression volumique de 5,5 % que le directeur général Fernando Fernandez décrit comme le meilleur trimestre en volume du groupe depuis plus d'une décennie.
Sur cette base, le groupe a relevé ses perspectives pour l'exercice. Le chiffre d'affaires reste toutefois quasi stable à 25,6 milliards d'euros (+0,5 %), un effet de change de -4,9 % absorbant l'essentiel de la performance opérationnelle. La marge opérationnelle sous-jacente gagne 10 points de base à 20,3 %, malgré un recul de 70 points de base de la marge brute. En parallèle, le rapprochement de l'activité Foods avec McCormick avance, avec une finalisation attendue au plus tard mi-2027.
Croissance tirée par les volumes, relais tarifaire attendu au second semestre
La croissance sous-jacente des ventes s'est établie à 4,8 % au premier semestre, composée de 4,2 % de volume et 0,6 % de prix. Elle s'est accélérée au deuxième trimestre, à 5,8 %, dont 5,5 % de volume. Ce chiffre est à relativiser par un effet de base favorable : la croissance volumique du premier semestre 2025 n'était que de 1,2 %, ce qui ramène la moyenne sur deux ans à 2,7 %.
Les Power Brands, qui représentent 78 % du chiffre d'affaires, ont continué de surperformer avec une croissance sous-jacente de 6,0 % et 5,4 % de volume. Les quatre divisions progressent en volume, mais avec des écarts marqués : Home Care avance de 7,6 %, Beauty & Wellbeing de 5,9 %, Personal Care de 4,8 %, tandis que Foods se limite à 1,2 %, une performance que le groupe qualifie lui-même d'inférieure à ses attentes au deuxième trimestre, en raison d'un environnement plus mou dans les pays développés et d'une concurrence accrue sur les condiments aux États-Unis. Géographiquement, les marchés émergents, qui pèsent 60 % du chiffre d'affaires, progressent de 7,0 % avec une accélération à 8,3 % au deuxième trimestre, portés par l'Inde (+8 %), l'Indonésie (+7 %) et l'Amérique latine (+7,6 %). Les marchés développés se limitent à 1,5 %, l'Amérique du Nord (+2,7 %) compensant une Europe en repli de 0,9 %.
La croissance des prix a été plus faible au deuxième trimestre en raison de trois facteurs que le groupe présente comme temporaires : des comparatifs tarifaires élevés dans les soins personnels, les opérations promotionnelles liées à la Coupe du monde de football 2026, et l'effet report des ajustements de prix menés au Brésil en 2025 pour rétablir les écarts concurrentiels. Unilever attend une accélération de la composante prix au second semestre, à mesure que les hausses liées au coût des matières premières se diffusent dans les points de vente.
Marge opérationnelle en légère hausse, mais marge brute sous pression
Le chiffre d'affaires atteint 25,6 milliards d'euros, en progression de seulement 0,5 %. La performance opérationnelle et les acquisitions nettes de cessions, qui apportent 0,7 point, ont plus que compensé un effet de change très défavorable de -4,9 point. Cet impact s'est atténué au deuxième trimestre, à -2,4 point.
Le résultat opérationnel sous-jacent s'élève à 5,2 milliards d'euros, en hausse de 0,9 %, la performance opérationnelle étant en partie neutralisée par le change.
La marge opérationnelle sous-jacente progresse de 10 points de base à 20,3 %. Cette amélioration recouvre des mouvements de sens opposés : la marge brute recule de 70 points de base à 46,8 %, l'effet de levier des volumes et les gains de productivité ne compensant pas l'inflation des matières premières, une politique tarifaire volontairement mesurée et les investissements promotionnels liés à la Coupe du monde. Cette pression a été particulièrement marquée dans Home Care.
À l'inverse, les frais généraux s'améliorent de 70 points de base, grâce à l'achèvement en avance sur le calendrier du programme de productivité de 800 millions d'euros lancé en 2024 pour simplifier l'organisation et résorber les frais de structure résiduels laissés par la séparation de l'activité Glaces. L'investissement en marques et marketing demeure quasi stable, à 16,1 % du chiffre d'affaires.
Le résultat opérationnel publié ressort à 4,9 milliards d'euros, en hausse de 2,6 %, porté par la performance opérationnelle et des coûts de restructuration plus faibles. Le bénéfice par action sous-jacent progresse de 2,4 %, tandis que le bénéfice par action dilué publié recule de 2,5 %, l'écart reflétant principalement les effets de change et d'éléments non sous-jacents.
Objectifs 2026 relevés, séparation de Foods en bonne voie
Sur la base de ce premier semestre, Unilever a relevé ses perspectives pour l'exercice 2026. Le groupe anticipe désormais une croissance sous-jacente des ventes comprise dans sa fourchette pluriannuelle de 4 % à 6 %, avec une croissance volumique sous-jacente d'environ 3 %, et une amélioration modérée de la marge opérationnelle sous-jacente par rapport aux 20,0 % réalisés en 2025.
Pour le second semestre, la croissance sous-jacente est attendue entre 4 % et 5 %, portée cette fois par les prix.
Le rapprochement de l'activité Foods avec McCormick, annoncé en mars 2026, progresse. Les chantiers de comptes carve-out, de fiscalité, d'antitrust, de synergies et d'intégration sont engagés. Le 23 juillet, McCormick a présenté le modèle opérationnel et l'équipe dirigeante de l'ensemble combiné, ainsi que le lieu de sa cotation secondaire, à Londres. La finalisation est attendue au plus tard à la mi-2027, sous réserve de l'accord des actionnaires de McCormick, des autorisations réglementaires et de l'achèvement de la consultation des instances représentatives du personnel. À l'issue de l'opération, Unilever deviendra un groupe recentré sur les produits d'hygiène, de beauté et d'entretien, tandis que Foods rejoindra un acteur mondial des arômes et assaisonnements.
Sur la rémunération des actionnaires, le dividende du deuxième trimestre s'établit à 0,4664 euro par action, identique à celui du premier trimestre et en hausse de 3,0 % sur un an. Le programme de rachat d'actions de 1,5 milliard d'euros annoncé en février a été achevé en juin. Il s'inscrit dans une enveloppe totale de 6 milliards d'euros de rachats prévue entre 2026 et 2029, qui doit être financée par le produit de la séparation de Foods et par la performance opérationnelle. Pour les investisseurs, la question des prochains trimestres portera sur la capacité du groupe à convertir le relais tarifaire en maintien des volumes, et sur le redressement de Foods avant sa sortie du périmètre.