Le CAC 40 décroche, plombé par la vague de resserrement des banques centrales
La Bourse de Paris traverse une séance sous tension ce vendredi. Le CAC 40 cède 1,33 % à 8077,82 points, dans un marché où seuls trois titres résistent au repli. La décision de la Banque du Japon de relever son taux directeur, dans le sillage de la Fed, pèse sur l'ensemble des places européennes.
Une séance sous influence des banques centrales
L'ambiance est lourde à Paris. La Banque du Japon a relevé jeudi son taux directeur à 1,25 %, un plus haut de trente et un ans, quelques heures après une Réserve fédérale américaine qui a elle aussi durci sa politique. Ce mouvement coordonné de resserrement monétaire mondial refroidit l'appétit pour les actifs risqués. Le repli est net et généralisé sur les indices européens ouverts : le DAX perd 1,38 % en séance, le FTSE 100 recule de 1,35 % et le STOXX 600 abandonne 0,98 %.
Outre-Atlantique, la tendance est plus contrastée. À la même heure, le S&P 500 cède 0,08 % et le Dow Jones 0,37 %, tandis que le Nasdaq 100 se maintient en légère hausse de 0,17 %. En Asie, la séance s'était pourtant achevée dans le vert, le Nikkei 225 ayant clôturé ce matin en progression de 1,38 %.
Une dispersion écrasante à la baisse
Le déséquilibre est frappant. Sur les 40 valeurs de l'indice parisien, on ne compte que trois hausses pour trente-sept baisses. La toile de fond énergétique ajoute à la nervosité : le Brent, autour de 105 dollars le baril, reste soutenu par les tensions au Moyen-Orient, alors que le trafic de pétroliers via le détroit d'Ormuz diminue.
Au sommet du maigre peloton des hausses, STMicroelectronics progresse de 1,86 % à 43,23 euros, seule valeur à afficher un gain franc. Thales suit avec une hausse de 0,67 % à 239,90 euros, le groupe de défense bénéficiant d'une confirmation de recommandation à l'achat de CIC Market Solutions, objectif de cours maintenu à 305 euros. Eurofins Scientific complète ce trio réduit avec un gain de 0,47 %.
Orange, banques et automobile en première ligne du repli
Le bas de tableau concentre l'essentiel des pertes. Orange chute de 5,08 % à 15,15 euros, lanterne rouge du jour. L'opérateur télécoms a été dégradé par Morgan Stanley, qui abaisse sa recommandation de « pondération de marché » à « sous-pondérer » et ramène son objectif de 16,50 à 15 euros. Le groupe a par ailleurs annoncé avoir mis en service la première passerelle européenne de Telesat en France, dans son téléport de Bercenay-en-Othe.
Le secteur automobile souffre également. Renault perd 3,97 % à 27,80 euros, tandis que Stellantis recule de 3,46 % à 4,29 euros. Le constructeur italo-américain a pourtant confirmé qu'il présentera neuf concept-cars au Salon de l'automobile de Paris. La sensibilité du secteur au coût du crédit explique en partie cette pression dans un contexte de taux mondiaux orientés à la hausse.
Les valeurs financières ne sont pas épargnées : BNP Paribas abandonne 3,26 % à 100,40 euros. Bouygues cède pour sa part 3,05 % à 43,48 euros, malgré l'annonce par sa filiale de construction de la remportée de la deuxième phase du CHU de Yopougon, en Côte d'Ivoire, pour 95 millions d'euros.