Veolia mobilise 34 acteurs internationaux pour accélérer le réemploi de l'eau
Veolia a constitué une Assemblée des parties prenantes regroupant 34 acteurs internationaux (économistes, industriels, assureurs, autorités publiques) pour promouvoir le réemploi de l'eau face à la raréfaction des ressources. Le groupe publie un livre blanc proposant dix mesures concrètes, dont la création d'un outil open source destiné à quantifier le coût de l'absence d'eau pour les décideurs publics et financiers.
Une réponse structurée à la pénurie d'eau attendue d'ici 2030
Veolia s'inscrit dans un contexte de tension croissante sur les ressources en eau. Selon le groupe, la demande mondiale d'eau douce devrait dépasser l'offre de 40 % d'ici 2030. Actuellement, seuls 8 % de l'eau mondiale sont réemployés, un taux que le groupe juge insuffisant au regard des enjeux de sécurité industrielle et environnementale.
Anne Le Guennec, directrice de la zone Technologies de l'eau chez Veolia, appelle à traiter l'eau comme une ressource renouvelable plutôt que selon un modèle linéaire, permettant aux industries et collectivités de combiner eau douce et eau recyclée pour satisfaire leurs besoins critiques.
Dix propositions pour débloquer les barrières au réemploi
L'Assemblée des parties prenantes formule une série de recommandations visant à lever les obstacles psychologiques, financiers et réglementaires au déploiement du réemploi. L'une d'elles prévoit la création, d'ici fin 2026, d'un outil open source calculant le coût économique de l'absence d'eau, développé en collaboration avec l'économiste de l'eau Esther Crauser-Delbourg, Susan Doering (Aon Insurance) et Laurie Chesné (Natixis CIB).
Le collectif appelle également à l'instauration d'une conférence régulière des Nations unies dédiée à l'eau, sur le modèle des sommets sur la biodiversité et le climat, afin de maintenir la question au cœur des priorités internationales.
Des installations déployées en Europe et dans le monde
Veolia évoque plus de vingt-cinq ans d'expérience en matière de réemploi d'eau à grande échelle, notamment en Espagne, en Namibie, au Moyen-Orient et au Chili. La solution ReutBox du groupe, déployée en France depuis 2022, est composée d'unités compactes et mobiles permettant aux stations d'épuration de fonctionner en boucle fermée, produisant de l'eau recyclée pour l'irrigation, le nettoyage urbain ou l'arrosage d'espaces verts.
Plus de cinquante stations d'épuration en France utilisent ou sont programmées pour recevoir cette technologie. Dans le sud du pays, la ville de Narbonne accueille une installation avancée fournissant des eaux usées traitées pour l'irrigation des vignes. Près d'Argelès, la plus grande installation française de réemploi d'eau doit bientôt alimenter l'irrigation des cultures locales.