Voltalia : perte nette de 128 M€ malgré des objectifs atteints
Le groupe français des énergies renouvelables a atteint ses objectifs 2025 d'EBITDA (211,3 millions d'euros) et de capacité (+16 %), confirmant la pertinence de son modèle opérationnel. Mais cette performance opérationnelle cache une réalité comptable contrastée : une perte nette de 128,1 millions d'euros pèse lourdement sur les résultats, reflétant l'ampleur des coûts de restructuration du plan SPRING.
Revenus en hausse, marges sous pression
Le chiffre d'affaires 2025 de Voltalia s'établit à 587,8 millions d'euros, en progression de 16 % à taux de change constants. Un résultat que le groupe peut revendiquer, surtout dans un environnement de marché « particulièrement exigeant » selon la direction. Mais cette croissance d'ensemble masque des réalités contrastées par segment. L'EBITDA consolidé atteint 211,3 millions d'euros, stable à taux constants et conforme à la guidance annoncée (200 à 220 millions). En revanche, la marge d'EBITDA se contracte de 6 points à 36 %, passant de 42 % en 2024. Cette érosion provient principalement de la croissance des activités de Renvolt (construction et maintenance), dont la marge intrinsèque de 9 % reste inférieure à celle de la Vente d'énergie (59 %). Le groupe a donc échangé de la rentabilité unitaire contre une diversification de ses flux de revenus, une transition caractéristique du plan SPRING.
L'écrêtement brésilien et les coûts de transformation expliquent la débâcle du résultat net
La perte nette de 128,1 millions d'euros résulte de deux chocs comptables majeurs. D'abord, les dépréciations et abandons : le groupe a abaissé son portefeuille de développement de 30 %, ce qui a généré 47 millions d'euros de pertes sur l'abandon de projets jugés insuffisamment créateurs de valeur, auxquels s'ajoutent 12 millions d'euros de dépréciations d'actifs et 8 millions d'euros de charges liées au plan SPRING. Ensuite, les impacts opérationnels : au Brésil, l'écrêtement du réseau a privé Voltalia de 1 040 GWh de production (17 % de sa production totale), pénalisant les Ventes d'énergie qui affichent un EBITDA en baisse de 11 %. Hors ces éléments exceptionnels, le résultat net aurait atteint -25 millions d'euros, dont -36 millions issus du seul écrêtement. Un chiffre qui suggère que la transformation SPRING elle-même, sans compter les perturbations externes, pèse lourdement sur la profitabilité immédiate.
Visibilité stable et ambition d'autofinancement pour restaurer la confiance
Malgré ces turbulences, Voltalia peut s'appuyer sur des fondamentaux résilients. Les revenus sécurisés par contrats long terme s'élèvent à 7,7 milliards d'euros sur une durée résiduelle de 18,1 années, offrant une stabilité de cash-flow sur deux décennies. La capacité en exploitation a crû de 16 % et celle en construction atteint 0,6 GW, avec 305 MW de lancements nouveaux en 2025. Le groupe a également remporté des contrats clés : un projet solaire de 132 MW en Tunisie et un contrat EPC de 124,2 MW en Irlande via sa filiale Renvolt. Sur le financement, Voltalia vient de conclure un crédit syndiqué de 244,4 millions d'euros, démontrant la confiance renouvelée des banques. La dette s'élève à 2,5 milliards d'euros (+8 %) et l'endettement atteint 67 %, un niveau encore maîtrisable. Le groupe affiche une ambition claire : autofinancer sa croissance entre 2026 et 2030 sans augmentation de capital, avec un versement de dividende envisagé à partir de 2028.