Voltalia : perte nette de 128 M€, plombée par l'abandon de projets non rentables
Voltalia a atteint ses objectifs opérationnels 2025 avec un EBITDA stable à 211,3 millions d'euros. Mais la perte nette s'élève à 128,1 millions d'euros, engloutie par l'abandon de projets non rentables et les coûts de restructuration du plan SPRING initié en septembre 2025.
Les objectifs opérationnels tenus malgré un environnement de marché exigeant
Le groupe international des énergies renouvelables a publié ce jeudi 12 mars ses résultats annuels 2025. Le chiffre d'affaires atteint 587,8 millions d'euros, en croissance de 16 % à taux de change constants. L'EBITDA consolidé s'établit à 211,3 millions d'euros, stable à taux constants, aligné sur l'objectif annoncé en septembre (entre 200 et 220 millions d'euros). Cette stabilité revêt une importance particulière : elle masque des dynamiques contrastées. La forte croissance des activités de construction pour compte de tiers au sein de Renvolt a compensé la baisse temporaire des Ventes d'énergie, pénalisées par l'écrêtement de la production brésilienne (1 040 GWh, soit 17 % de la production totale), la fin de contrats court-terme à prix élevés et une monnaie brésilienne moins favorable. Voltalia a également atteint son objectif de capacité totale en exploitation et construction, qui progresse de 9 %, portée par des mises en service en fin d'année qui contribueront principalement aux résultats opérationnels à partir de 2026.
Une restructuration coûteuse qui pèse lourdement sur la rentabilité nette
Derrière ce volet opérationnel solide se cache une réalité financière plus sombre. Le groupe affiche une perte nette part du Groupe de 128,1 millions d'euros. Hors éléments exceptionnels, le résultat net aurait atteint 25 millions d'euros de perte (incluant 36 millions d'euros d'impact de l'écrêtement). Cette différence de 103 millions d'euros reflète l'ampleur des coûts générés par le plan SPRING : 47 millions d'euros liés à l'abandon des projets non rentables du portefeuille de développement, et 8 millions d'euros de charges de restructuration. Parallèlement, la marge d'EBITDA consolidée recule de 6 points à 36 %, contre 42 % en 2024, expliquée par la croissance des activités de Services (Renvolt) aux marges intrinsèquement plus faibles que celle de la Vente d'Énergie, et par l'impact de l'écrêtement sur les Ventes d'énergie. Robert Klein, directeur général, a justifié cette stratégie : ces décisions de recentrage et d'abandon de projets posent « les fondations d'un modèle plus robuste et d'une amélioration durable de nos performances ».
Une visibilité long terme renforcée, malgré un pipeline réduit de 30 %
Voltalia consolide néanmoins sa trajectoire future. Le portefeuille de projets en développement (pipeline) s'élève à 12,0 GW, en baisse de 30 % suite au recentrage sur les activités principales et à l'arrêt du développement dans cinq pays. Cette contraction volontaire reflète la sélectivité nouvelle du groupe. Parallèlement, les revenus sécurisés par des contrats de vente d'énergie à long terme atteignent 7,7 milliards d'euros sur une durée résiduelle moyenne de 18,1 années, garantissant une visibilité robuste malgré une légère baisse comparée aux 8,1 milliards de 2024. Pour l'exercice 2026, Voltalia vise un EBITDA entre 240 et 260 millions d'euros. Le groupe se positionne pour autofinancer sa croissance entre 2026 et 2030 sans recours à augmentation de capital, prévoit un versement de dividende à partir de 2028, et a conclu un nouveau financement syndiqué de 244,4 millions d'euros pour allonger la maturité de sa dette et rembourser les échéances 2026. Enjeu principal pour les investisseurs : démontrer que ce coûteux recentrage génère effectivement une amélioration durable de la rentabilité et de la création de valeur à moyen terme.