Bourse de Paris : le CAC 40 bondit de plus de 1 %, le rebond surprise après le choc iranien
Au lendemain d'une séance marquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, le CAC 40 affiche un sursaut presque inattendu. L'indice parisien gagne 1,18 % à mi-journée, à 8 199,78 points, porté par une vague d'achats quasi généralisée : 34 valeurs sur 40 évoluent dans le vert. Un mouvement de rattrapage qui contraste avec les craintes nées du conflit en Iran et de la flambée des prix de l'énergie.
Un rebond massif après le trou d'air géopolitique
La séance du mercredi 4 mars tranche avec l'ambiance de la veille. Alors que les marchés européens avaient reculé de 1 à 3 % lundi et mardi sous l'effet des opérations militaires en Iran, de la flambée du pétrole au-delà de 80 dollars le baril et de l'envolée de 25 % du gaz naturel européen, Paris reprend nettement de la hauteur. Le rebond est large : seules six valeurs du CAC 40 reculent à la mi-journée, aucune ne reste stable. Cette dispersion très favorable témoigne d'un mouvement d'ensemble, comme si les investisseurs estimaient que la correction de la veille avait été suffisante.
Ce type de configuration, où la quasi-totalité de la cote se redresse simultanément, signale un retour d'appétit généralisé plutôt qu'un mouvement sectoriel isolé. Le contexte reste pourtant tendu : le détroit d'Ormuz, voie névralgique du transit pétrolier mondial, continue d'être presque paralysé, ce qui maintient une pression sur les coûts de transport et les cours de l'énergie. Mais à ce stade, les opérateurs semblent tabler sur un conflit contenu dans le temps, comme le relevaient déjà plusieurs observateurs la veille.
Stellantis, Accor, Société Générale : le trio de tête du rebond
En haut du tableau, Stellantis s'adjuge la plus forte hausse du CAC 40 avec un bond de 4,49 %, à 6,47 euros. Le constructeur automobile, malmené ces derniers mois, profite pleinement du mouvement de rattrapage sans qu'un catalyseur spécifique ne soit identifié sur le titre ce mercredi.
Juste derrière, Accor grimpe de 3,99 % à 45,31 euros, soutenu par un double coup de pouce des analystes. Citi a relevé son objectif de cours de 52 à 58 euros tout en maintenant sa recommandation positive, tandis que Kepler Cheuvreux a rehaussé son avis de « conserver » à « acheter ». Un signal qui nourrit l'intérêt pour le groupe hôtelier.
Le secteur bancaire participe activement au rebond : Société Générale avance de 3,07 % à 69,86 euros. Les valeurs financières, souvent sensibles aux mouvements de marché d'ensemble, amplifient mécaniquement ce type de séance positive.
Du côté de la tech, STMicroelectronics reprend 2,82 % à 27,89 euros, dans un mouvement de récupération après des séances chahutées. Enfin, Danone progresse de 2,66 % à 71,80 euros, dans le sillage du relèvement de la recommandation de BNP Paribas Exane, passée de « neutre » à « surperformance » avec un objectif fixé à 83 euros. L'agroalimentaire, valeur défensive par nature, attire dans un contexte d'incertitudes géopolitiques persistantes.
Quelques replis isolés, TotalEnergies en queue de peloton
À contre-courant du reste de la cote, TotalEnergies recule de 1,23 % à 67,26 euros. Un paradoxe apparent, alors que les cours du pétrole restent élevés : le géant pétrolier avait déjà fortement progressé lors des séances précédentes à la faveur de la flambée du Brent, et subit un mouvement de prises de bénéfices classique. À noter que Jefferies a relevé son objectif de cours sur le titre de 66 à 78 euros tout en maintenant un avis positif, ce qui n'empêche pas le repli du jour.
Parmi les rares autres baisses, Orange cède 0,48 % à 17,73 euros, Pernod Ricard 0,45 % à 74,58 euros, et Capgemini 0,37 % à 106,40 euros, sans facteur déclencheur particulier. Dassault Systèmes abandonne 0,35 % à 18,27 euros, dans un contexte moins favorable pour l'éditeur de logiciels : Goldman Sachs a abaissé sa recommandation d'« acheter » à « neutre » et réduit significativement son objectif de cours de 29 à 20 euros.
Au global, cette mi-journée dessine une séance de rebond technique prononcé, où la très large majorité des valeurs du CAC 40 efface une partie des pertes liées au choc géopolitique. Le contraste entre la violence de la crise en Iran et la résilience affichée par les marchés reste l'un des faits marquants de cette semaine de cotation.