Bourse de Paris : le CAC 40 décroche brutalement, 36 valeurs sur 40 dans le rouge
Le CAC 40 plonge de près de 2 % en début de séance ce lundi, à 8 415 points, après le début des hostilités en Iran ce week-end. Sur les quarante valeurs de l'indice, trente-six reculent simultanément. Seules une poignée de rescapées, portées par la défense et l'énergie, échappent à cette vague de ventes généralisée.
Une ouverture de semaine sous le signe du repli massif
Ce lundi 2 mars, la Bourse de Paris entame la semaine dans un climat de forte tension. À 10h17, le CAC 40 abandonne 1,93 % à 8 415,02 points, dans une séance marquée par un déséquilibre spectaculaire : 36 valeurs reculent, seulement 4 progressent, et aucune ne fait du surplace. La dispersion est d'une netteté rare.
L'ampleur du mouvement baissier, qui touche l'ensemble des compartiments — luxe, automobile, hôtellerie —, traduit un accès de nervosité général. Si aucun événement isolé ne vient cristalliser à lui seul la chute, c'est bien la simultanéité des replis sectoriels qui frappe ce matin. Le marché parisien vit l'un de ces épisodes où la pression vendeuse s'exerce de manière indiscriminée, sans distinction de secteur ni de qualité.
Défense et énergie : les rares îlots de résistance
Dans ce paysage uniformément rouge, deux noms se détachent nettement en vert. Thales signe la plus forte hausse du CAC 40 avec un bond de 4,28 % à 265,80 euros. Le titre du groupe de défense et d'électronique poursuit sa dynamique, dans un contexte géopolitique européen qui continue de jouer en faveur des valeurs du secteur.
TotalEnergies affiche de son côté une progression de 4,03 % à 69,99 euros. Le titre bénéficie ce matin d'un double coup de pouce : Citi a relevé son objectif de cours de 71 à 75 euros tout en maintenant sa recommandation à l'achat, tandis que JP Morgan est passé de « neutre » à « surpondérer », avec un objectif propulsé de 63 à 75 euros. Un alignement inhabituel de révisions positives qui alimente la demande sur le titre.
Bureau Veritas (+0,20 % à 29,48 euros) parvient tout juste à maintenir la tête hors de l'eau, après que Goldman Sachs a légèrement relevé son objectif de cours de 39,50 à 40 euros. Eurofins Scientific (+ 0,03 %) fait quant à elle du quasi-surplace, rescapée symbolique d'une séance où le simple fait de ne pas reculer constitue une performance.
Luxe, automobile, hôtellerie : les secteurs balayés
Du côté des baisses, la violence du repli frappe par sa concentration sur des poids lourds de la cote. Accor chute de 8,81 % à 44,92 euros, plus forte baisse de l'indice ce matin. Le groupe hôtelier subit un décrochage brutal, sans qu'aucune information spécifique ne vienne expliquer un tel mouvement à ce stade.
Le luxe, pilier historique du CAC 40, souffre lourdement. LVMH lâche 4,65 % à 518,80 euros, Kering recule de 4,56 % à 272,85 euros. Les deux géants du secteur contribuent fortement à la baisse de l'indice, compte tenu de leur poids dans le calcul du CAC 40.
L'automobile n'est pas épargnée. Stellantis abandonne 4,17 % à 6,65 euros, dans un contexte où les analystes révisent leurs attentes à la baisse : Citi a réduit son objectif de 9 à 8 euros, tandis que Bernstein a abaissé le sien de 8,50 à 6,20 euros avec une recommandation « performance de marché ». Renault recule de 3,77 % à 30,90 euros, emporté dans le même mouvement sectoriel.
L'ampleur de la correction, qui se manifeste dès l'ouverture de la semaine, rappelle la fragilité du sentiment de marché actuel. À Paris, ce lundi matin, le rouge domine sans partage.