L’action Vinci reste sur ses sommets, portée par un début d’année solide
À la croisée des chemins, le titre bénéficie d'un socle fondamental robuste, mais le potentiel boursier dépendra de nouveaux catalyseurs.
Une activité bien orientée dans ses trois métiers
Au 1er trimestre 2025, Vinci a enregistré un chiffre d’affaires de 16,32 milliards d’euros, en hausse de 3,8 % (+1,2 % à périmètre comparable). Les trois pôles du groupe ont affiché une performance globalement positive. Dans les Concessions, les revenus progressent de 8,2 % grâce à la hausse du trafic autoroutier (+2,1 %) et à un bond de 11,9 % pour Vinci Airports, porté par les compagnies low-cost et une fréquentation record dans plusieurs pays.
Les Services à l’énergie réalisent un chiffre d’affaires de 6,6 milliards d’euros (+5,8 %), avec une activité particulièrement dynamique à l’international. Les prises de commandes restent bien orientées, et le carnet atteint 18,1 milliards d’euros (+13 % sur un an). Le pôle Construction affiche un chiffre d’affaires stable (+0,6 %), mais les prises de commandes progressent (+7 %) et le carnet atteint 36,8 milliards d’euros. L’acquisition de FM Conway renforce la présence du groupe au Royaume-Uni. Au total, le carnet de commandes consolidé atteint 72,0 milliards d’euros, en hausse de 8 % sur un an.
Valorisation raisonnable mais intégrant déjà les anticipations
Malgré ces bons fondamentaux, les marchés restent attentistes. Le PER à long terme de Vinci est estimé à 11,8, contre 14,0 pour le secteur, signalant une décote modérée. La valeur comptable représente 53 % du prix de l’action. Le dividende de 3,70 € offre un rendement de 4,1 %, bien couvert par le bénéfice. Le consensus des analystes au 27 mai dernier confirme une opinion globalement positive : 17 recommandations à l’achat sur 24, avec une note médiane de 1,5. L’objectif de cours médian est relevé à 138,61 €, soit un potentiel de hausse de près de 10 %.
Une gouvernance renouvelée pour accompagner la transition stratégique
Au 1er mai 2025, Xavier Huillard est devenu président du conseil d’administration, laissant la direction générale à Pierre Anjolras. Ce changement s’accompagne d’une continuité stratégique mais pourrait aussi ouvrir la voie à de nouveaux arbitrages. La dette nette s’élève à 21,3 milliards d’euros au 31 mars. Vinci a multiplié les acquisitions ciblées et renforcé sa présence dans des zones dynamiques. Un partenariat public-privé dans la transmission électrique a été signé en Australie, et l’intégration de FM Conway vient renforcer sa présence au Royaume-Uni.
Un titre de portefeuille, à renforcer en cas de repli
Vinci reste une valeur de qualité dans une optique de long terme, avec une faible volatilité et une exposition équilibrée à la croissance, aux infrastructures et à la transition énergétique. La visibilité sur l’activité est renforcée par un carnet de commandes record, un dividende stable et des relais géographiques solides. Toutefois, le potentiel boursier de court terme semble conditionné à l’annonce de nouveaux contrats significatifs ou à une accélération des résultats. En l’état, le titre peut être conservé, voire renforcé en cas de repli sous 120 €.