Le CAC 40 recule de 0,55 % en fin d'après-midi, Stellantis plonge de près de 4 %
La Bourse de Paris évolue dans le rouge ce lundi 22 décembre en fin d'après-midi, l'indice CAC 40 abandonnant 0,55 % à 8 106,87 points. À trois jours de Noël, les volumes d'échanges demeurent particulièrement réduits, de nombreux intervenants de marché ayant déjà quitté leurs pupitres pour les congés de fin d'année. Dans ce contexte atone, les mouvements sont dictés par des ajustements de positions individuelles plutôt que par une tendance de fond. Stellantis accuse la plus forte baisse du CAC 40 avec un repli de 3,66 %, tandis que Pernod Ricard et Veolia figurent également parmi les valeurs les plus malmenées. À l'inverse, Kering signe la meilleure performance de la séance avec une progression de 0,73 %, suivi par TotalEnergies et Accor.
Stellantis et Pernod Ricard lourdement pénalisés
Stellantis subit de loin la correction la plus marquée de la séance, l'action du constructeur automobile s'effondrant de 3,66 % à 9,54 euros. Cette baisse intervient dans un contexte particulièrement difficile pour le groupe italo-français. Le titre poursuit ainsi sa chute entamée depuis le printemps 2024, période où l'action évoluait encore autour de 27 euros. Le groupe a enchaîné les difficultés tout au long de 2024, pénalisé par l'accumulation de stocks aux États-Unis, un marché crucial pour sa rentabilité, et par la faiblesse de ses ventes. Ces problèmes opérationnels se sont traduits par une division par deux de la capitalisation boursière en quelques mois. La publication, fin février 2025, de résultats catastrophiques pour l'exercice 2024 – avec un bénéfice net en chute de 70 % et une marge opérationnelle effondrée à 5,5 % – a encore accentué la pression sur le titre. Pour 2025, le groupe table sur une marge opérationnelle autour de 5 %, un niveau très en deçà des attentes initiales du marché et bien inférieur aux performances affichées sous l'ère Carlos Tavares, qui avait démissionné fin novembre 2024. Cette séquence boursière désastreuse a poussé le titre à tomber sous la barre des 10 euros. Pernod Ricard, deuxième plus forte baisse de la séance, abandonne 2,94 % à 73,96 euros. Le géant français des spiritueux traverse une phase de turbulences depuis plusieurs trimestres, confronté à un ralentissement de la demande sur ses principaux marchés. La consommation de spiritueux premium, segment historiquement porteur pour le groupe, s'est nettement affaiblie aux États-Unis et en Chine. En février dernier, Pernod Ricard a revu à la baisse ses perspectives pour 2025, évoquant des conditions de marché difficiles et anticipant une baisse à un chiffre du chiffre d'affaires organique. Lors de la publication de ses résultats du premier trimestre 2025/2026, le groupe a confirmé ces difficultés avec un recul de ses ventes de 7,6 % en organique. Les analystes restent prudents sur la valeur, plusieurs ayant abaissé leurs recommandations. Les tensions commerciales internationales et les droits de douane pèsent également sur les perspectives du groupe, qui a estimé à 80 millions d'euros l'impact annuel attendu sur son résultat. Malgré une valorisation jugée attractive par certains observateurs et un dividende maintenu, le titre peine à convaincre dans un environnement macroéconomique incertain.
Quelques valeurs tirent leur épingle du jeu, menées par Kering
À contre-courant de la tendance générale, Kering s'adjuge la première place du palmarès avec une progression de 0,73 % à 304,75 euros. Le géant du luxe profite d'un regain d'intérêt des investisseurs depuis plusieurs semaines, le titre ayant rebondi après avoir touché des points bas historiques au cours de l'automne. Malgré des résultats 2024 décevants publiés en février 2025 – avec un bénéfice net en chute de 62 % et un chiffre d'affaires global en repli de 12 % – le marché semble désormais valoriser les efforts de restructuration engagés par le groupe. La nomination en septembre 2024 de Francesca Bellettini à la tête de Gucci, marque phare du groupe, constitue un signal de renouveau. De plus, la valorisation du titre est devenue particulièrement attractive avec un PER autour de 14, bien inférieur à la moyenne du secteur du luxe qui dépasse 33. Le cash-flow libre opérationnel, en progression de 7 % à 3,6 milliards d'euros, témoigne de la solidité financière du groupe malgré les difficultés opérationnelles. Sur le plan technique, l'action Kering semble sortir d'un range de consolidation, ce qui pourrait ouvrir la voie à de nouveaux gains dans les semaines à venir. TotalEnergies gagne 0,45 % à 56,06 euros, bénéficiant d'un contexte relativement porteur pour les valeurs énergétiques. Le géant pétrolier a publié fin octobre des résultats solides pour le troisième trimestre 2025, avec un chiffre d'affaires de 43,8 milliards de dollars et un EBITDA de 10,3 milliards. Le groupe a confirmé ses perspectives d'investissements nets entre 17 et 17,5 milliards de dollars pour 2025, tout en anticipant une amélioration de sa production d'hydrocarbures au quatrième trimestre. La société maintient également son programme de rachats d'actions et sa politique de distribution généreuse, des éléments qui rassurent les investisseurs orientés rendement. Accor progresse de 0,44 % à 48,27 euros. Le groupe hôtelier continue de bénéficier de la reprise du secteur du tourisme et des voyages d'affaires. Air Liquide avance modestement de 0,18 % à 159,78 euros, le spécialiste des gaz industriels poursuivant sa trajectoire stable, porté par des fondamentaux solides et des perspectives de croissance à moyen terme. Enfin, Legrand grappille 0,16 % à 125,95 euros, profitant de son positionnement défensif dans un marché peu animé. Le spécialiste des infrastructures électriques et numériques a récemment confirmé ses objectifs annuels 2025 et poursuit son programme de rachat d'actions, signe de confiance dans sa capacité à générer de la trésorerie.
Un contexte de marché atone avant les fêtes de fin d'année
La séance de ce lundi 22 décembre se déroule dans des volumes d'échanges particulièrement faibles, typiques de cette période de l'année. De nombreux gérants et traders ont déjà pris leurs congés en amont de Noël, ce qui réduit considérablement la liquidité sur les marchés. Les Bourses européennes fermeront d'ailleurs partiellement mercredi à la mi-journée pour le long week-end de Noël, et Wall Street connaîtra également une fermeture partielle. Cette configuration implique que les fluctuations observées cette semaine devraient rester limitées, les investisseurs évitant généralement de prendre des positions importantes dans un marché aussi peu fourni. Le CAC 40 termine néanmoins la semaine précédente sur une note positive avec un gain de 1 %, se rapprochant ainsi à moins de 2 % de son plus haut historique inscrit le 13 novembre dernier. Cette performance témoigne de la résilience de la place parisienne dans un environnement marqué par l'attentisme. Les investisseurs continuent de surveiller la trajectoire des taux d'intérêt des deux côtés de l'Atlantique. Si la Réserve fédérale américaine a récemment abaissé ses taux, les commentaires de Jerome Powell ont été interprétés de manière relativement accommodante par les marchés. De son côté, la Banque centrale européenne poursuit son cycle d'assouplissement monétaire, ce qui soutient les actifs risqués en zone euro. Dans les prochains jours, l'actualité économique et boursière restera largement en retrait. Les publications de données macroéconomiques seront rares et les volumes devraient demeurer anémiques jusqu'à la rentrée de janvier. Les investisseurs pourront néanmoins se pencher sur le calendrier du début d'année 2026, qui s'annonce chargé avec la publication des résultats du quatrième trimestre 2025 pour de nombreuses entreprises du CAC 40. Les enjeux seront alors nombreux : confirmation ou non du redressement de Stellantis, poursuite de la stabilisation chez Kering, évolution de la demande de spiritueux pour Pernod Ricard, et plus largement capacité des entreprises françaises à maintenir leurs marges dans un contexte géopolitique et commercial incertain. D'ici là, la prudence devrait continuer de prévaloir sur les marchés, avec des scores limités et une volatilité contenue. Le CAC 40 devrait évoluer dans une fourchette étroite autour de ses niveaux actuels, dans l'attente d'un catalyseur plus marqué en début d'année prochaine.