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Oracle : bénéfice net dopé par une cession d'actif, le cloud poursuit sa montée en puissance

Le géant américain des logiciels d'entreprise a publié le 10 décembre ses résultats du deuxième trimestre fiscal 2026, affichant un chiffre d'affaires en hausse de 14 % et un bénéfice net porté à 6,1 milliards de dollars, en partie grâce à la cession de sa participation dans Ampere. Les revenus cloud progressent de 34 % et atteignent 8 milliards de dollars, témoignant d'une dynamique soutenue dans l'infrastructure et les applications en mode service. Le carnet de commandes atteint un niveau record, soutenu par de grands contrats dans l'intelligence artificielle.

Oracle : bénéfice net dopé par une cession d'actif, le cloud poursuit sa montée en puissance
Temps de lecture : 3 minute(s) - Par | Mis à jour le 23-12-2025 11:13 | Publié le 23-12-2025 11:12

Un bénéfice net exceptionnel porté par une opération de cession

Oracle Corporation a enregistré au deuxième trimestre de son exercice 2026, clos fin novembre, un chiffre d'affaires de 16,1 milliards de dollars, en progression de 14 % à taux de change constants. Le bénéfice net atteint 6,1 milliards de dollars, soit un bénéfice dilué par action de 2,10 dollars. Cette performance intègre un gain avant impôts de 2,7 milliards de dollars lié à la cession d'une participation dans Ampere, opération non récurrente qui vient gonfler le résultat net du trimestre. Hors cet effet, le bénéfice par action de base s'établit à 2,14 dollars. La marge opérationnelle du trimestre s'inscrit à 29 %, tandis que la marge nette atteint 38 %, ce dernier ratio étant mécaniquement amplifié par le produit de cession. Le taux d'imposition effectif s'affiche à 3,3 %, niveau inhabituellement bas reflétant le traitement fiscal de cette opération.

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Le cloud, principal moteur de la croissance des revenus

Le segment cloud représente désormais 8 milliards de dollars de chiffre d'affaires trimestriel, en hausse de 34 % sur un an. Cette dynamique repose sur deux piliers : l'infrastructure cloud (IaaS), qui génère 4,1 milliards de dollars, et les applications cloud (SaaS), qui pèsent 3,9 milliards. Le segment logiciel traditionnel (licences et support), pour sa part, affiche 5,9 milliards de dollars de revenus, en léger retrait relatif face à la montée en puissance du cloud. Les activités matérielles, structurellement marginales, contribuent pour 776 millions de dollars, tandis que les services associés apportent 1,4 milliard. Sur le plan géographique, les Amériques restent largement prédominantes avec 10,5 milliards de dollars, devant l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique (3,8 milliards) et l'Asie-Pacifique (1,8 milliard). Le groupe précise que plus de la moitié des 72 datacenters Oracle Multicloud sont actuellement en cours de construction, illustrant l'ampleur de l'effort d'infrastructure en cours.


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Un carnet de commandes en forte expansion, tiré par de grands contrats IA

Oracle a annoncé que ses obligations de performance restantes (RPO), indicateur du carnet de commandes à honorer, ont progressé de 68 milliards de dollars au cours du trimestre pour atteindre 523 milliards de dollars, soit une augmentation de 438 % sur un an. Cette explosion du carnet de commandes s'explique en grande partie par de nouveaux engagements de clients majeurs comme Meta et NVIDIA, qui ont conclu de vastes contrats d'infrastructure cloud pour leurs besoins en intelligence artificielle. La direction souligne l'intégration multicloud d'Oracle au sein des environnements Amazon, Google et Microsoft, ainsi que l'incorporation de capacités d'IA dans les trois couches logicielles : infrastructure de datacenter, bases de données autonomes et applications métier. Le groupe mentionne également une demande significative pour la formation de modèles d'IA et la vente de modèles personnalisés, signaux d'une diversification des sources de revenus dans ce domaine.



Des flux de trésorerie sous tension face aux investissements massifs

Sur le plan des flux de trésorerie, Oracle a généré 10,2 milliards de dollars de flux opérationnels au cours du trimestre. Toutefois, les investissements ont pesé lourdement : les dépenses en capital (capex) se sont élevées à 20,5 milliards de dollars, soit le double du cash-flow opérationnel, entraînant un flux d'investissement négatif de 16,4 milliards. Pour financer cette expansion, le groupe a eu recours aux marchés obligataires, levant 17,9 milliards de dollars de dette, ce qui se traduit par un flux de financement positif de 14,7 milliards. Au 30 novembre, Oracle disposait de 19,2 milliards de dollars de trésorerie et équivalents, pour des capitaux propres de 30,5 milliards et un actif total de 205 milliards. Les charges d'intérêts trimestrielles s'élèvent à 1,1 milliard de dollars, conséquence de l'augmentation du levier financier. Le groupe a par ailleurs procédé à des rachats d'actions marginaux de 95 millions de dollars et déclaré un dividende trimestriel de 0,50 dollar par action.

Points de vigilance et signaux structurels pour la suite

Les résultats du deuxième trimestre fiscal 2026 mettent en lumière plusieurs signaux structurants. Côté positif, la progression du chiffre d'affaires cloud, la forte croissance du carnet de commandes et la signature de grands contrats témoignent d'une trajectoire offensive sur le marché de l'IA et du multicloud. Le groupe a également annoncé son engagement en faveur d'une politique de neutralité des puces (chip neutrality), signe d'une volonté d'ouverture technologique. En revanche, plusieurs contraintes financières apparaissent. Les dépenses d'investissement dépassent largement la génération de trésorerie opérationnelle, obligeant Oracle à recourir à l'endettement pour financer sa montée en capacité. Le niveau élevé des capex, conjugué à la construction simultanée de dizaines de datacenters, soulève la question de la rentabilité future de ces infrastructures. Le groupe identifie par ailleurs dans ses facteurs de risque les défis liés à l'intégration de nouvelles technologies IA, à l'approvisionnement en GPU et CPU, à la gestion de datacenters complexes, ainsi qu'aux incertitudes économiques, géopolitiques et réglementaires. La volatilité récente du cours, notamment la chute de décembre liée aux doutes sur le financement des mégaprojets d'infrastructure, illustre la sensibilité des investisseurs à ces enjeux. La soutenabilité du modèle repose in fine sur la capacité d'Oracle à transformer ses engagements contractuels en revenus récurrents, tout en maîtrisant ses coûts d'infrastructure et en préservant sa structure financière face à l'augmentation du levier.