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Quelles pistes pour sécuriser l'approvisionnement en gaz de l'Europe ?



Comment se passer du gaz russe ? La réponse n'est pas évidente et les options s'annoncent contraignantes et coûteuses. Pour se développer, le GNL a besoin d'infrastructures, mais aussi de nouvelles réserves, comme celles qui commencent juste à être exploitées au Mozambique.


Temps de lecture : 5 minute(s) - | Mis à jour le 28-06-2023 07:28:00 | Publié le 28-06-2023 07:11  Photo : Shutterstock  

La guerre en Ukraine rebat les cartes de l'énergie en Europe. Le robinet russe, qui assurait 40 % des importations de gaz de l'UE en 2020, est aujourd'hui fermé, obligeant les pays européens à chercher des alternatives. L'Allemagne, en particulier, moteur industriel de l'Europe, était très dépendante du gaz russe, qui représentait 55 % de ses importations. Entre la spéculation sur le GNL avec des méthaniers qui font des ronds dans l'eau, et le coût élevé du gaz de schiste américain, les solutions ne sont pas évidentes. En attendant, des usines européennes ferment et les citoyens, après l'hiver clément de cette année, appréhendent le prochain qui sera marqué par une nette décrue des stocks.

L'industrie pétrochimique, notamment celle des engrais, est la plus touchée par l'augmentation du prix du gaz, avec des réductions significatives de production qui menacent les rendements agricoles et la sécurité alimentaire. L'industrie lourde et la fabrication de métaux sont également affectées : Glencore, Alcoa et Arcelor Mittal ont fermé des capacités, faisant craindre une perte de souveraineté européenne en matière de production de métaux, indispensables à la fabrication des panneaux solaires et des éoliennes, et donc à la transition énergétique.

Pour alimenter l'Europe, il va falloir trouver rapidement du gaz ailleurs, mais aussi des routes pour l'acheminer jusqu'au consommateur. Aujourd'hui, après la Russie, la Norvège (20 %) et l'Algérie (12 %) sont les deux principaux exportateurs de gaz naturel vers l'UE, suivis du Royaume-Uni (6 %), des Etats-Unis (5 %) et du Qatar (5 %). L'Azerbaïdjan dispose aussi de réserves de gaz et pourrait l'envoyer vers l'Europe via deux pipelines : le Trans-Adriatique et le Trans-Anatolien. Mais tous ces pays ne pourront pas combler le manque russe. Faut-il alors relancer l'exploitation de gisements en Europe dans le contexte souvent polémique de la transition écologique ? C'est ce qu'envisagent d'ores et déjà plusieurs pays, au nombre desquels l'Italie, qui disposerait de quelque 80 milliards de m3 de réserves, et dont l'ancien ministre de la transition écologique, Roberto Cingolani, déplorait récemment comme une erreur « d'être passé de 20% de gaz domestique en 2000 à 3-4% en 2020 ».
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Les défis du GNL

Les regards européens se tournent donc aujourd'hui vers les approvisionnements par gaz naturel liquéfié (GNL), qui peuvent arriver par bateau du monde entier, notamment des Etats-Unis, du Qatar ou de l'Australie, et qui pourraient ensuite être redistribués sous forme gazeuse, via le réseau de gazoducs du continent. Mais il s'agira de rediriger vers l'Europe des volumes destinés jusqu'ici à d'autres marchés, et donc de surenchérir, à l'heure où la demande a explosé en Asie en substitution au charbon. Après avoir accru leurs livraisons de gaz de schiste de 140% en 2022, les États-Unis se sont engagés à en fournir 50 milliards de m3 en 2023. Mais le recours massif au gaz US, outre qu'il suscite des réticences environnementales, est aussi l'occasion d'une envolée des prix, «la valeur moyenne d'une cargaison (étant) passée d'environ 50 millions à 80 millions de dollars en 2022 », selon Vincent Demoury, du groupement internationale des importateurs de GNL (GIIGNL).

De plus, les capacités de regazéification et de stockage en Europe sont importantes mais limitées. Plusieurs nouvelles infrastructures de regazéification seront construites, notamment en Allemagne, mais cela va prendre au moins deux ou trois ans. En France, le terminal méthanier de Fos-Cavaou va accroître ses capacités et une unité flottante doit être installée dans le port du Havre. Des gazoducs transfrontaliers seront également nécessaires pour permettre aux méthaniers de livrer leur gaz dans les ports espagnols et de le transporter ensuite à travers l'Europe. Faut-il dès lors relancer le MidCat (Midi-Catalogne), un gazoduc qui partirait du nord de Barcelone pour rejoindre l'est de Carcassone, via les Pyrénées ? L'Espagne, qui espère devenir une zone stratégique d'importation de gaz en Europe, pousse dans ce sens auprès de Bruxelles, mais même en cas de relance rapide, le gazoduc ne pourrait pas être finalisé avant 2025.

Plusieurs pays sont aussi tentés de combler leurs lacunes en matière d'approvisionnement énergétique en augmentant la production d'électricité à partir des énergies renouvelables, du nucléaire ou du charbon. Des pays comme l'Italie ou les Pays-Bas reconsidèrent la possibilité de recourir à l'énergie nucléaire. Et même si l'Europe a essayé d'éliminer progressivement le charbon pour atteindre ses objectifs climatiques, certaines centrales ont été relancées depuis mi-2021 en raison de la hausse des prix du gaz. Le contexte pousse également à accélérer la transition énergétique vers les énergies renouvelables.

Ainsi, le biogaz, aussi connu sous sa forme épurée, le biométhane, un gaz vert produit à base de déchets agricoles ou de déchet de station d'épuration, est aussi une option. Une source d'énergie produite en Europe, mais qui représente pour l'instant moins de 1 % du mix énergétique de l'UE. La guerre en Ukraine pourrait toutefois accélérer le projet européen « RePowerEU », qui a pour ambition de produire 35 milliards de m3 de biométhane d'ici 2030. Consciente de son potentiel, « la France a décidé d'en augmenter la consommation en passant de 2 à 3 % aujourd'hui à 8 % en 2028, puis à 16 % en 2050 », explique EDF. Le gouvernement incite aussi les ménages à la sobriété énergétique et à remplacer leur chaudière gaz par un dispositif écologique comme une pompe à chaleur ou une chaudière à bois.

L'UE lorgne sur le potentiel du Mozambique


Des capacités supplémentaires de production de gaz existent également à l'état de projets, au Canada, au Qatar ou au Mozambique. Pour ce dernier, une étape hautement symbolique a été franchie l'an passé, puisque le pays a réalisé le 13 novembre 2022 l'expédition d'une première cargaison, entièrement produite offshore compte tenu de l'instabilité sécuritaire qui sévit au Cabo Delgado, la province détentrice des réserves. Les ressources atteindraient près de 5.000 milliards de m3, ce qui doterait le Mozambique des neuvièmes réserves de gaz au monde. Des réserves équivalentes à la moitié de celles des États-Unis (premier producteur mondial) et, à l'échelle de l'Afrique, comparables à celles de l'Algérie et du Nigeria. D'importantes ressources sur lesquelles lorgne l'UE, dans sa recherche d'alternatives moins chères au gaz américain : ce sont d'ailleurs l'Espagne et la Croatie qui étaient destinataires de la livraison inaugurale de cet hiver.

Ces réserves se concentrent sur deux blocs offshore, situés dans le bassin du Rovuma, au large de la côte nord du pays et de la province de Cabo Delgado, à proximité de la frontière tanzanienne : le « bloc 4 », exploité par l'Italien Eni et l'Américian ExxonMobil et le « bloc 1 » opéré par le consortium Mozambique LNG. Selon l'International Gas Union, ces projets permettraient de produire à terme 53,4 millions de tonnes par an (mtpa). Le pays pourrait ainsi figurer dans le top 5 mondial des pays exportateurs de GNL et peser à terme 6 % du marché mondial. Une Selon différentes sources et études, le pays pourrait en effet encaisser une rente de plus de 80 milliards de dollars de taxes sur la durée de vie des deux projets.


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