Santé cotée : où placer ses mises en Bourse ?
Explorer les investissements dans le secteur santé, révélant segments résilients et promesses IA, medtechs et M&A.
Des segments résilients, d’autres sous pression
Depuis janvier, les prestataires de services de santé se distinguent. Les distributeurs de médicaments comme McKesson, les opérateurs hospitaliers tels que Tenet Healthcare ou encore les réseaux de laboratoires type Labcorp Holdings affichent des performances supérieures. Leur force ? Une faible exposition aux droits de douane et aux revirements politiques de l’administration Trump. Ces valeurs offrent une visibilité recherchée par les gérants, ce qui en fait des paris défensifs dans un portefeuille.
À l’inverse, les assureurs santé américains souffrent. Le secteur est pénalisé par la pression politique pour réduire les dépenses liées aux programmes publics (Medicare, Medicaid). Ce segment, que des gérants comme DNB Asset Management sous-pondéraient depuis plusieurs mois, a subi une nette contre-performance. Même logique pour les pharmas et biotechs : les velléités de Donald Trump de baisser les prix des médicaments aux États-Unis et la réduction des financements publics pèsent sur leurs marges et leur visibilité. Les petites biotechs, dépendantes du NIH et du HHS pour financer leurs recherches, apparaissent particulièrement fragiles.
Mais tout n’est pas noir. Les gérants soulignent des poches de croissance majeures : les traitements contre l’obésité (GLP-1), la neurologie (notamment dans Alzheimer), la thérapie génique ou encore l’immunologie. Autant de thématiques qui pourraient définir les leaders de demain.
IA médicale, medtechs et M&A : les nouveaux relais
Si la pharma traverse des vents contraires, les medtechs résistent mieux. Robotique chirurgicale, solutions mini-invasives, technologies cardiovasculaires ou dispositifs de suivi du diabète : ces niches continuent d’attirer les capitaux. Des acteurs comme Dexcom (capteurs de glycémie), Siemens Healthineers (imagerie assistée par IA) ou IQVIA (essais cliniques optimisés par l’IA) démontrent déjà comment l’intelligence artificielle peut générer un avantage compétitif tangible. Pour l’investisseur, ce sont des segments où la valorisation future pourrait être dopée par des gains de productivité et de précision.
Le secteur se prépare aussi à une nouvelle vague de fusions-acquisitions. Si 2025 a vu quelques transactions emblématiques (Johnson & Johnson rachetant Intra-Cellular Therapies pour 14,6 Md$, Sanofi signant pour Blueprint Medicines à 9,5 Md$), le rythme reste timide. Les incertitudes politiques freinent encore les deals. Mais les fondamentaux – bilans solides des big pharmas et valorisations déprimées des petites biotechs – plaident pour une accélération. Pour l’investisseur, ces opérations constituent autant d’opportunités de prime de rachat sur les cibles cotées.
Enfin, plusieurs résultats cliniques attendus pourraient être des catalyseurs boursiers : Eli Lilly avec le Retatrutide (obésité/diabète), Novo Nordisk sur le Sémaglutide dans Alzheimer, AstraZeneca sur le Dato-DXd en cancer du poumon, ou encore Sanofi avec l’Amlitelimab dans la dermatite atopique. Chaque annonce positive peut générer des rallyes spectaculaires… ou, en cas d’échec, des corrections brutales.