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L'épargne accumulée pendant la crise est moteur de la relance économique

Les Français ont accumulé une épargne considérable pendant la crise. Pour renouer avec la croissance, l'enjeu est de créer des conditions favorables pour les convaincre d'en dépenser une partie.

Temps de lecture : 2 minute(s) - Par | Publié le 15-04-2021 11:31, Mis à jour le 15-04-2021 11:56
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160 milliards de surplus d'épargne « dormante »

Depuis le début de la crise en mars 2020, les Français ont beaucoup épargné. La fermeture des commerces, restaurants et lieux culturels, le télétravail et les restrictions de déplacements impliquent qu'une grande partie de cette épargne a été plutôt « forcée » que délibérée. Mais certains ont aussi décidé de mettre de l'argent de côté, anticipant une dégradation de la conjoncture économique. Lorsqu'ils sont pessimistes, les particuliers ont tendance à reporter leurs achats et à épargner « au cas où ».

Selon les économistes de l'OFCE, centre de recherche en économie lié à l'établissement d'enseignement supérieur Sciences Po, les Français auront épargné 160 milliards d'euros de « surplus » d'ici la fin de l'année 2021. Cela correspond à un peu moins de 20% de leur revenu brut disponible. A titre de comparaison, ce taux était de 15% en 2019. Bien évidemment, il s'agit d'une moyenne : de fortes disparités existent selon les revenus de chaque foyer.

>> A LIRE : Réforme de l'assurance-chômage : les congés maternité et l'activité partielle pénalisés



Réinjecter le surplus d'épargne dans l'économie est un vrai enjeu

Ces 160 milliards d'euros de réserve financière représentent un potentiel de croissance important pour la reprise économique. Si elle était dépensée, et donc injectée dans l'économie, cette épargne contribuerait à la relance de façon importante, puisqu'elle contribuerait à augmenter l'activité des entreprises et à favoriser l'emploi.

Les experts de l'OFCE estiment ainsi que dans le cas où 20% de cette surépargne était dépensée, la croissance française pourrait atteindre 6% en 2022, contre seulement 4,3% s'ils la conservaient. De même, le surcroît d'activité engendré aurait un impact direct sur le taux de chômage. Celui-ci atteindrait 8,7% des actifs si l'épargne est consommée, contre 9,4% à l'inverse.

Enfin, cette relance de la consommation favoriserait les finances publiques, malmenées par la crise du Covid. L'épargne dépensée serait synonyme d'une croissance des rentrées fiscales (notamment grâce aux rentrées de TVA, d'impôts sur les sociétés...), et donc d'un moindre recours à la dette pour financer la dépense publique. Celle-ci serait ramenée à 115% du PIB* en 2022, contre 117% si « l'épargne Covid » n'était pas du tout mobilisée.

>> A LIRE : Plan de relance : stratégie, inquiétudes et critiques


Tout repose sur la confiance des consommateurs en l'avenir

Pour que les particuliers recommencent à consommer massivement et envisagent de dépenser leur surplus d'épargne, il est d'abord nécessaire que les restrictions sanitaires prennent fin. Ainsi, la relance est particulièrement liée au succès de la campagne de vaccination et à l'extinction de l'épidémie, ou a minima à sa grande maîtrise.

Mais les particuliers doivent aussi reprendre confiance en l'avenir, que ce soit sur le plan sanitaire ou économique. Pour cela, ils ne doivent pas craindre de perdre leur emploi ou de voir leurs revenus amputés par des hausses d'impôts.

Car si la crise a considérablement creusé la dette publique, celle-ci devra être remboursée à plus ou moins long terme. Pour cela, de nombreux pays d'Europe ont opté pour des hausses d'impôts. La France étant championne des pays de l'OCDE* en la matière, une nouvelle hausse serait difficilement compatible avec le retour de la confiance et la dépense de l'épargne accumulée. Ainsi pour le moment, le gouvernement martèle qu'il se refuse à augmenter les impôts. Mais ce voeu pourra-t-il tenir la longueur ?

>> A LIRE : Dette covid : faut-il la rembourser ?



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