Pourquoi la grève de la RATP est-elle aussi suivie ?
La RATP annonce une journée noire dans les transports parisiens ce 13 septembre. En cause, la protestation des agents contre la prochaine réforme qui devrait entièrement refonder leur système de retraite. Explications.
Un vendredi noir sur le réseau RATP
Il sera compliqué de se déplacer dans Paris ce vendredi 13 septembre. Le mouvement social de la RATP devrait être l'un des plus importants depuis 10 ans. Aucun métro ne circulera sur 10 lignes. Les RER du réseau RATP (A et B) se feront rares, comme les bus et tramways.
Les lignes de métro qui fonctionneront, à savoir les 4, 7, 8, et 9, seront extrêmement perturbées et ne seront ouvertes qu'aux heures de pointe (de 6h30 à 9 heures et de 17h à 20 heures). Les lignes 1 et 14, qui sont automatiques, devraient fonctionner normalement. Aucune illusion à avoir cependant : monter dans une rame risque d'être très compliqué.
Dès ce jeudi soir, des perturbations sont à prévoir sur la quasi-totalité du réseau des transports franciliens, en dehors des lignes exploitées par la SNCF et des réseaux de bus privés.
La réforme des retraites comme déclencheur de cette grève massive
Il faut remonter à octobre 2007 pour voir une grève comparable à la RATP. A l'époque, les agents protestaient contre la réforme des retraites portée sous la présidence de Nicolas Sarkozy.
Même scénario cette fois, si le personnel de la RATP fait grève (agents et certains cadres compris), c'est pour s'élever contre la prochaine réforme des retraites préparée par le gouvernement.
Pourquoi la réforme est-elle problématique pour les agents ?
La réforme que souhaite porter le gouvernement (et qui n'est « pas encore écrite » selon le Premier ministre Édouard Philippe), refondrait totalement le système de retraite actuel des agents de la RATP.
En effet, le projet est celui d'une retraite « universelle », c'est-à-dire qui ne comporterait plus aucun régime spécial (il en existe 42 actuellement). Autrement dit, tous les actifs (ou presque) seraient affiliés à un régime de retraite identique, se verraient appliquer le même mode de calcul des cotisations et le même âge de départ.
Quels aspects de la réforme leur parait bloquants ?
Les agents de la RATP bénéficient d'un régime spécial actuellement plus avantageux. Ainsi ils considèrent que ce nouveau régime risque de les pénaliser à plusieurs égards, dont notamment :
- L'âge de départ en retraite : selon la Cour des comptes, il est de 55,7 ans à la RATP, contre 63,5 ans pour les salariés affilié au régime général (entreprises privées).
- Le montant des pensions : une retraite à taux plein correspond à 75% de la moyenne des salaires des 6 derniers mois de travail de l'agent. Dans le privé, la retraite à taux plein est calculée sur les 25 meilleures années. Le projet du gouvernement est de mettre en œuvre une retraite par points, dans laquelle 1 euro cotisé ouvrirait les mêmes droits à tous, quel que soit son métier. Un objectif qui fait grincer des dents, puisque la valeur du point, qui détermine le montant de la pension, peut varier.
Selon les propos d'Arnaud Moinet, un syndicaliste dont les propos sont reportés par le Parisien, « un conducteur de RER peut espérer toucher 2 500 € de pension en partant à la retraite à 55 ou 57 ans. Avec une valeur du point à 0,55 €, c'est une baisse de pension de 500 € par mois qui est à redouter ».