2CRSi a perdu plus de 40 % en bourse et demande la suspension de sa cotation après le rapport d'un vendeur à découvert
L'action 2CRSi a reculé de plus de 40 % jeudi 18 juin avant que le fabricant strasbourgeois de serveurs haute performance ne demande lui-même la suspension de sa cotation à Euronext. À l'origine du mouvement : la publication d'un rapport de Grizzly Research, un vendeur à découvert, dont la société conteste fermement le contenu.
Une chute de plus de 40 % suivie d'une demande de suspension
Jeudi 18 juin, le titre 2CRSi a perdu plus de 40 % en séance avant que la société ne sollicite d'Euronext la suspension de sa cotation.
D'après le groupe, cette demande vise à préparer une réponse documentée aux accusations et à garantir une information complète du marché. 2CRSi indique contester fermement le rapport à l'origine de la baisse.
Le mouvement intervient après une forte progression de l'action, portée ces derniers mois par l'intérêt des investisseurs pour les infrastructures liées à l'intelligence artificielle.
Ce que met en cause Grizzly Research
Le rapport, publié le 18 juin par le vendeur à découvert Grizzly Research, concentre ses critiques sur la croissance de 2CRSi aux États-Unis. Selon ce document, une part importante du chiffre d'affaires américain reposerait sur des relations avec des parties liées qui n'auraient pas été divulguées.
Grizzly Research met notamment en cause un contrat de 610 millions de dollars annoncé avec un client non identifié, ainsi que le rôle d'un intermédiaire, Joseph Church, qu'il relie à plusieurs entités citées dans les annonces américaines du groupe, dont NewYork GreenCloud. Toujours selon le vendeur à découvert, cette société aurait été créée le jour même de l'annonce d'un contrat et ne disposerait pas de l'historique opérationnel présenté publiquement.
Ces éléments relèvent des accusations formulées par Grizzly Research et ne sont pas, à ce stade, des faits établis.
La réponse de 2CRSi et les réserves de Portzamparc
2CRSi a annoncé préparer une réponse détaillée et indiqué que son conseil d'administration avait saisi le comité d'audit et des risques. La société se réserve la possibilité d'engager des actions pour défendre ses droits, sa réputation et les intérêts de ses actionnaires.
De son côté, Portzamparc estime que le rapport est suffisamment structuré pour appeler une réponse claire, en particulier sur la relation avec NewYork GreenCloud et sur la surface financière d'Atlas Cloud. Elle juge en revanche excessive la conclusion selon laquelle 2CRSi aurait fabriqué la quasi-totalité de ses revenus, en soulignant que la contribution de NewYork GreenCloud aux revenus passés serait négligeable.
Pour les investisseurs, le dossier devient un test de crédibilité : il portera autant sur la nature réelle des contrats et des contreparties commerciales du groupe que sur la confiance accordée à sa communication financière.