Action Stellantis : repli de 3,72 % ce mardi matin dans un climat de tensions commerciales
Le titre du constructeur automobile recule ce mardi 14 octobre à l'ouverture, poursuivant une dynamique négative entamée la semaine dernière. Cette baisse intervient alors que les tensions commerciales sino-américaines se réactivent, pesant sur l'ensemble du secteur.
Le titre Stellantis s'affiche à 8,47 euros ce mardi matin, en recul de 3,72 % par rapport à la clôture de la veille à 8,80 euros. Cette contraction s'inscrit dans une semaine difficile pour le constructeur, qui enregistre une perte cumulée de 9,07 % sur sept jours glissants. Le mouvement reste modéré en volume, avec seulement 0,05 % du capital échangé dans les premiers échanges, suggérant une prudence généralisée des investisseurs. Sur un horizon plus large, l'action accuse une baisse de 1,47 % sur trois mois et de 28,49 % sur un an, nettement sous-performant le CAC 40 qui affiche une progression de 3,91 % sur douze mois.
Cette séquence baissière intervient après une semaine particulièrement volatile. Vendredi dernier, le titre avait chuté de 7,29 % suite aux menaces de Donald Trump d'imposer des droits de douane massifs sur les importations chinoises, avant de rebondir de 3,59 % lundi après un changement de ton du président américain. La dynamique s'inverse à nouveau ce mardi alors que Pékin se dit prêt à se battre jusqu'au bout si nécessaire, ravivant les craintes d'une escalade commerciale susceptible de perturber les chaînes d'approvisionnement mondiales.
Le constructeur avait pourtant livré un signal positif jeudi dernier lors de sa conférence de pré-clôture du troisième trimestre, annonçant une progression de 13 % de ses facturations consolidées à 1,3 million d'unités. Cette hausse, portée principalement par un bond de 35 % en Amérique du Nord, témoigne d'une normalisation de la gestion des stocks après une période difficile. L'arrivée de nouveaux modèles Ram équipés du moteur HEMI V8 contribue à cette reprise. Cependant, le groupe a également annoncé le report de la présentation du plan stratégique de son nouveau directeur général Antonio Filosa, initialement prévue au premier trimestre 2026, désormais décalée au premier semestre. Cette décision, justifiée par la nécessité d'intégrer les évolutions des droits de douane américains et les discussions en cours avec les décideurs européens, alimente l'incertitude sur la trajectoire à moyen terme du groupe.
Les réactions des analystes restent mesurées. UBS maintient une recommandation neutre sans changement majeur suite à la conférence, tandis que Berenberg conserve une opinion acheteuse avec un objectif de 9,50 euros, tout en soulignant que le redressement des bénéfices prendra du temps et que le second semestre 2025 pourrait encore subir des dépréciations exceptionnelles. Deutsche Bank a relevé son objectif de cours de 7,50 à 8 euros, anticipant une croissance à deux chiffres des ventes au troisième trimestre, mais maintient également une recommandation de conservation. Les résultats complets du trimestre, attendus le 30 octobre prochain, seront scrutés de près pour évaluer la capacité du groupe à transformer cette reprise des volumes en amélioration effective de la rentabilité.
Sur le plan technique, l'action évolue dans une zone délicate. Le cours actuel de 8,47 euros se situe légèrement au-dessus de son support identifié à 7,46 euros, offrant une marge de sécurité limitée en cas de nouvelle pression vendeuse, tandis qu'il reste éloigné de sa résistance à 9,43 euros. La position du titre par rapport à ses moyennes mobiles illustre la difficulté du redressement : si le cours parvient tout juste à dépasser sa moyenne mobile à 50 jours, fixée à 8,27 euros, il demeure nettement sous sa moyenne mobile à 200 jours établie à 9,60 euros, confirmant une tendance de fond toujours baissière sur l'année écoulée. Cette configuration traduit une phase de tentative de stabilisation à court terme, mais dans un contexte de fond toujours dégradé.
Les indicateurs de momentum offrent toutefois quelques nuances. Le RSI, positionné à 55, se maintient dans une zone neutre, n'indiquant ni survente ni surachat, ce qui laisse une marge de manœuvre dans les deux sens. Le MACD affiche une ligne légèrement supérieure à son signal avec un histogramme positif à 0,05, suggérant un début de dynamique haussière fragile qui peine à s'affirmer dans le contexte actuel. Avec un bêta de 0,26, Stellantis présente une sensibilité nettement inférieure aux mouvements du CAC 40, qui cède lui-même 0,75 % ce matin, ce qui peut limiter l'ampleur des corrections en cas de nouvelle tension sur les marchés. La volatilité mensuelle de 14,54 % témoigne néanmoins de l'instabilité persistante du titre, particulièrement sensible aux soubresauts des relations commerciales internationales et aux annonces stratégiques du groupe.