Bourse de Paris : le luxe plombe la clôture du CAC40, Kering et Hermès dévissent lourdement
Le CAC 40 a terminé la séance de ce mercredi 15 avril à 8 274,28 points, en recul de 0,64 %. La cote parisienne a été dominée par une violente correction du secteur du luxe, après la publication de résultats trimestriels jugés décevants par le marché. En toile de fond, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, avec le blocus naval américain imposé à l'Iran, n'ont pas aidé à rassurer les investisseurs.
Le luxe au cœur d'une séance à deux visages
La Bourse de Paris a évolué dans un climat contrasté tout au long de la journée. Sur les 40 valeurs de l'indice phare, la cote s'est scindée en deux blocs parfaitement symétriques : 20 hausses d'un côté, 20 baisses de l'autre, sans aucune valeur stable. Ce partage arithmétique masque pourtant un déséquilibre net : les replis les plus marqués, concentrés sur les poids lourds du luxe, ont suffi à entraîner l'ensemble de l'indice dans le rouge.
Le contexte international n'a pas contribué à détendre l'atmosphère. Le blocus naval américain autour des ports iraniens, en vigueur depuis la veille, a continué de faire monter la pression dans le détroit d'Ormuz, le passage par lequel transitent les pétroliers sanctionnés. En Europe, le STOXX 600 a reculé de 0,41 %, tandis que le FTSE 100 londonien a cédé 0,36 % à la clôture. Le DAX allemand a fait figure d'exception en terminant en très légère hausse de 0,14 %. En Asie, la séance avait été nettement plus favorable, le Nikkei 225 s'envolant de 2,89 % à Tokyo. À Wall Street, la tendance était partagée en début de séance : le Dow Jones reculait de 0,40 %, tandis que le S&P 500 gagnait 0,40 % et le Nasdaq progressait de 0,95 %.
Publicis, Stellantis et Eurofins tirent leur épingle du jeu
Publicis Groupe a signé la meilleure performance du CAC 40, en hausse de 2,88 % à 78,52 euros. Le groupe publicitaire a publié un premier trimestre marqué par une croissance organique de 4,5 %, même si le revenu net total a reculé à 3 460 millions d'euros, pénalisé par un effet de change négatif de 268 millions d'euros. Le marché a visiblement salué la dynamique commerciale sous-jacente.
Stellantis a progressé de 1,93 % à 7,06 euros, porté par des chiffres encourageants. Le constructeur automobile a annoncé des facturations en hausse de 12 % au premier trimestre, à 1,4 million d'unités, confirmant le redressement opérationnel amorcé ces derniers mois.
Eurofins Scientific a gagné 1,81 % à 69,72 euros, dans le sillage de l'annonce de la cession de sa division MET Labs à UL Solutions pour 575 millions d'euros. Cette opération stratégique a été bien accueillie. Euronext (+1,52 %) et Dassault Systèmes (+1,49 %) complétaient le tableau des principales hausses.
Kering et Hermès : le luxe français encaisse un choc
La séance restera surtout marquée par le décrochage spectaculaire du secteur du luxe. Kering a chuté de 8,84 % à 255,25 euros, la plus forte baisse du CAC 40. Le groupe a publié un chiffre d'affaires stable au premier trimestre, plombé par un recul de 8 % de Gucci, sa marque phare. Trois transactions majeures — dans la beauté, la joaillerie et l'immobilier — ont accompagné cette publication, sans suffire à rassurer. Dans la foulée, Bernstein a abaissé son objectif de cours de 235 à 220 euros et Deutsche Bank de 290 à 280 euros.
Hermès a connu un repli presque aussi sévère, cédant 8,02 % à 1 640 euros. Le sellier de la rue du Faubourg-Saint-Honoré a publié un chiffre d'affaires de 4,1 milliards d'euros, affichant une croissance organique de 6 % effacée par un impact de change de 290 millions d'euros. Le marché a sanctionné un tableau géographique fragmenté, certaines régions affichant un net recul.
Plus loin dans le classement des baisses, Safran a reculé de 2,87 % à 308,30 euros, Saint-Gobain de 1,83 % à 76,32 euros et STMicroelectronics de 1,05 % à 34,43 euros. Pour cette dernière, Deutsche Bank a toutefois initié une recommandation à l'achat avec un objectif relevé de 32 à 42 euros.