Bourse : Kering et Hermès plongent, le luxe entraîne le CAC 40 dans le rouge
Le CAC 40 cède 0,55 % à mi-journée ce mercredi 15 avril et recule à 8 281 points, lesté par un décrochage brutal du secteur du luxe. Vingt-trois valeurs de l'indice évoluent en territoire négatif contre seulement seize en hausse, dans un contexte géopolitique tendu par le blocus naval américain imposé à l'Iran et le franchissement du détroit d'Ormuz par des pétroliers chinois sous sanctions.
Le luxe frappe de plein fouet l'indice parisien
La séance parisienne est dominée par un thème unique : la sanction infligée par le marché aux deux poids lourds du luxe français après leurs publications trimestrielles. À eux seuls, Kering et Hermès pèsent lourdement sur le CAC 40, dont le repli contraste avec la quasi-stabilité du STOXX 600 européen (−0,06 %) et la légère progression du DAX allemand (+0,08 %). Wall Street avait terminé la veille dans le vert, le Dow Jones clôturant en hausse de 0,66 % et le S&P 500 de 1,18 %. Le Nikkei à Tokyo a de son côté achevé la journée en progression de 0,44 %. Paris fait donc figure d'exception, victime de sa forte exposition au secteur du luxe.
Le blocus naval américain contre l'Iran, entré en vigueur la veille avec déjà six navires empêchés de quitter les ports iraniens, et le passage de pétroliers chinois sous sanctions à travers le détroit d'Ormuz ne semblent pas, à ce stade, constituer le facteur principal d'inquiétude sur la place parisienne. C'est bien la saison des résultats, et plus spécifiquement les chiffres du luxe, qui donne le ton.
Kering dévisse de 10 %, Hermès lâche près de 9 % après leurs publications
Le coup de massue vient de Kering, dont le chiffre d'affaires stagne au premier trimestre tandis que Gucci, le cœur du groupe, recule de 8 %. L'action dégringole de 10,04 % à 251,90 euros, plus forte baisse du CAC 40. Trois opérations stratégiques annoncées simultanément — dans la beauté, la joaillerie et l'immobilier — n'ont pas suffi à rassurer. Bernstein a ramené son objectif de cours de 235 à 220 euros, Deutsche Bank de 290 à 280 euros, les deux bureaux maintenant leurs recommandations respectives.
Juste derrière, Hermès lâche 8,81 % à 1 626 euros. Le sellier de la rue du Faubourg-Saint-Honoré a pourtant affiché une croissance organique de 6 % au premier trimestre, mais l'effet change a effacé 290 millions d'euros de chiffre d'affaires, ramenant le total consolidé à 4,1 milliards d'euros. Ce décalage entre dynamique commerciale réelle et traduction comptable sanctionne durement le titre.
Plus loin dans le classement des baisses, Safran recule de 1,89 % à 311,40 euros, Saint-Gobain cède 1,13 % et Airbus perd 0,96 %, sans catalyseur spécifique identifié pour ces trois valeurs.
Stellantis et Sanofi en tête des hausses, portés par des nouvelles concrètes
À contre-courant de l'ambiance générale, quelques valeurs tirent leur épingle du jeu grâce à des annonces favorables. Stellantis s'adjuge la première place des hausses avec un gain de 2,58 % à 7,11 euros. Le constructeur automobile a annoncé des facturations en hausse de 12 % au premier trimestre, à 1,4 million d'unités, confortant le scénario d'un redressement opérationnel.
Sanofi progresse de 1,41 % à 82,16 euros après l'approbation par la Commission européenne de Dupixent pour le traitement de l'urticaire chronique spontanée chez les enfants dès 2 ans, élargissant le potentiel commercial de son blockbuster.
Orange gagne 0,87 % à 17,93 euros, soutenu par le relèvement de l'objectif de cours de BNP Paribas Exane, passé de 20 à 20,50 euros, avec un avis maintenu à « surperformance ». Pernod Ricard (+0,66 %) et Capgemini (+0,62 %) complètent le tableau des hausses, sans actualité propre identifiée. La fin de séance dira si le choc du luxe continue de peser sur l'ensemble de la cote parisienne.