ArcelorMittal : EBITDA en hausse de 8,8 % au S1 2026, résultat net ajusté en recul de 30 % après l'effet de base exceptionnel de 2025
ArcelorMittal a publié le 30 juillet 2026 ses résultats du premier semestre 2026, marqués par une amélioration de sa rentabilité opérationnelle : l'EBITDA progresse de 8,8 % à 3 743 M$, pour une marge de 143 $ par tonne (contre 125 $ un an plus tôt), portée notamment par l'Europe, l'Amérique du Nord (intégration de Calvert) et le segment Inde et coentreprises.
Le résultat net part du Groupe ressort à 1 258 M$, contre 2 598 M$ en données publiées au premier semestre 2025. Cette comparaison est toutefois faussée par un gain exceptionnel d'environ 1,16 Md$ enregistré en 2025 lors de l'acquisition de la part de Nippon Steel dans AM/NS Calvert : rapporté au résultat net ajusté de 1 810 M$ du premier semestre 2025, le recul est d'environ 30 %. Le groupe l'attribue principalement à des pertes de change plus élevées et à une hausse des charges d'intérêts nettes.
Une rentabilité opérationnelle en hausse, portée par le redémarrage européen
Le groupe a dégagé un EBITDA de 3 743 M$ au premier semestre 2026, en progression de 8,8 % par rapport aux 3 440 M$ de la même période en 2025. Selon ArcelorMittal, cette amélioration reflète des résultats plus solides en Europe, en Amérique du Nord (intégration d'AM/NS Calvert) et dans le segment Inde et coentreprises, en partie compensés par des performances plus faibles au Brésil et dans le Mining.
L'Europe a généré 1 198 M$ d'EBITDA sur le semestre, contre 997 M$ un an plus tôt. Le groupe indique avoir redémarré ses installations d'Asturias (Espagne), après des activités de maintenance engagées depuis septembre 2025, ainsi que le haut-fourneau de Dabrowa (Pologne) le 28 avril 2026, en réponse à une demande en amélioration. Le haut-fourneau de Fos (France), à l'arrêt depuis septembre 2023, a par ailleurs été redémarré fin juillet 2026.
Au deuxième trimestre, la marge d'EBITDA par tonne s'établit à 155 $, contre 135 $ au deuxième trimestre 2025, un niveau que le groupe présente comme sensiblement supérieur aux moyennes historiques, reflétant selon lui les bénéfices de ses investissements stratégiques, de l'optimisation de ses actifs et de la diversification de ses expositions géographiques.
Un résultat net pénalisé par l'effet de base, le change et les charges financières
Le résultat net part du Groupe s'établit à 1 258 M$ au premier semestre 2026, contre 2 598 M$ en données publiées un an plus tôt. Ce dernier montant intégrait toutefois un gain exceptionnel d'environ 1,16 Md$ lié à l'acquisition de la part de Nippon Steel dans AM/NS Calvert ; hors éléments exceptionnels, le résultat net ajusté de 1 810 M$ au premier semestre 2025 ramène le recul à environ 30 %.
Au-delà de cet effet de base, la baisse tient à deux postes financiers. Le poste change et charges de financement représente une charge de 366 M$, contre un produit de 123 M$ un an plus tôt, principalement en raison d'impacts de change, le dollar s'étant apprécié de 3,0 % face à l'euro sur la période. Les charges d'intérêts nettes s'élèvent quant à elles à 269 M$, contre 121 M$, une hausse que le groupe attribue à une dette brute moyenne plus élevée (incluant l'effet de la consolidation de Calvert) et à des produits d'intérêts plus faibles.
Sur le plan financier, la dette nette du groupe augmente à 9,5 Md$ au 30 juin 2026, contre 7,9 Md$ fin 2025, reflétant un free cash outflow de 1 493 M$ sur le semestre (incluant 2 373 M$ d'investissements et une variation saisonnière du besoin en fonds de roulement) ainsi que 0,7 Md$ de retours aux actionnaires.
Une amélioration attendue au second semestre, portée par le nouveau cadre commercial européen
ArcelorMittal maintient son orientation stratégique. Le groupe réaffirme que son portefeuille de projets de croissance organique et d'acquisitions réalisées devrait générer environ 1,8 Md$ d'EBITDA supplémentaire à partir de 2026, et confirme une guidance de dépenses d'investissement 2026 comprise entre 4,5 et 5,0 Md$, dont 1,7 à 1,9 Md$ de capex stratégique.
Le groupe présente la mise en place du mécanisme de contingents tarifaires (TRQ) au 1er juillet 2026, aux côtés du CBAM, comme un facteur favorable pour l'Europe. Selon lui, les carnets de commandes se sont infléchis positivement, et les expéditions européennes du troisième trimestre sont attendues stables à légèrement supérieures à celles du deuxième trimestre, à rebours du repli saisonnier habituel. Le groupe anticipe par ailleurs des expéditions du second semestre supérieures à celles du premier semestre sur l'ensemble de ses segments.
Enfin, ArcelorMittal a poursuivi ses retours aux actionnaires, avec 0,7 Md$ redistribués au premier semestre (0,2 Md$ de dividendes et 0,5 Md$ de rachats d'actions) et le lancement d'une nouvelle tranche de rachat pouvant aller jusqu'à 10 millions d'actions.