ASR présente ses excuses pour le passé esclavagiste et colonial de ses prédécesseurs
Le groupe d'assurances néerlandais ASR a publié mardi les résultats d'une enquête historique commandée sur le passé colonial et esclavagiste de ses prédécesseurs juridiques. La PDG Ingrid de Swart a présenté ses excuses au nom de l'entreprise pour l'implication de ces entités dans le financement et l'assurance du trafic d'esclaves.
Des prédécesseurs impliqués dans le système esclavagiste
L'étude, réalisée entre 2023 et 2026 par l'agence de recherche historique Stad en Bedrijf, révèle que les prédécesseurs juridiques d'ASR ont participé au système colonial et esclavagiste. Le plus ancien prédécesseur, Stad Rotterdam, a conclu 236 polices d'assurance couvrant 167 transports d'esclaves entre 1720 et 1802. En assurant ces transports, Stad Rotterdam a permis aux négriers de limiter leurs risques financiers et a directement facilité le commerce des personnes esclavisées depuis l'Afrique. Cette implication ne relevait pas d'incidents isolés : l'assureur faisait partie intégrante du système de traite et tirait profit de l'exploitation des esclaves. De même, d'autres prédécesseurs d'ASR étaient entrelacés avec le système colonial en Indonésie actuelle. Quatre entités supplémentaires ont été liées au Système de culture jusqu'au dix-neuvième siècle, impliquées dans le commerce de l'opium et le travail forcé dans les plantations de café et de sucre.
Une démarche de reconnaissance et de dialogue
Ingrid de Swart a déclaré que « la recherche éclaire un chapitre douloureux de notre histoire ». Elle a ajouté : « Nos prédécesseurs juridiques ont contribué à un système qui a infligé une grave injustice à tant de personnes. ASR présente ses excuses pour cela. Nous affrontons notre passé et assumons la responsabilité de sa signification présente et future. La publication de cette recherche marque le point de départ d'un dialogue et d'une recherche plus approfondis sur la façon dont nous pouvons donner une substance significative à nos excuses. » ASR prévoit d'organiser plusieurs séances de dialogue avec les parties prenantes dans les mois à venir. Le rapport complet de l'étude a été rendu public.