Bekaert : volumes en hausse de 4 % au S1, mais l'EBITDA recule de 9 %
Bekaert a livré au premier semestre 2026 une performance calibrée dans un contexte volatile. Le groupe a dégagé une croissance des volumes de 4 % en base de comparaison appauvrie (like-for-like), mais celle-ci n'a pas suffi à compenser les effets défavorables de mix et de prix liés à l'escalade des coûts d'intrants et aux tensions géopolitiques. Les marges se contractent légèrement, tandis que le levier d'endettement remonte sur fond de récentes acquisitions.
Des volumes qui progressent sur fond de marges en retrait
Les ventes like-for-like sont restées à niveau plat sur six mois, tandis que les ventes totales ont reculé de 5 % à 1,9 Md€ en raison des cessions stratégiques en Amérique latine (effet portefeuille de -3 %) et des impacts de change (-2 %). Cependant, le groupe a généré une croissance de volumes de 4 %, tirée principalement par le cordage pour pneus. Cette dynamique des volumes n'a pas compensé les effets défavorables de mix régional et produit, qui ont pesé pour 4 % sur la période.
Au deuxième trimestre, les ventes like-for-like sont restées à plat en glissement annuel, mais ont rebondi de 3 % par rapport au premier trimestre, signalant une stabilisation après un début d'année plus morose. En Amérique du Nord, la division Sustainable Construction a bénéficié d'une demande robuste portée par les applications de centres de données utilisant les solutions Dramix. En Asie, la Rubber Reinforcement a vu une croissance des volumes compensant en partie un environnement de marché plus difficile ailleurs et une dégradation du mix régional.
Profitabilité préservée mais marges érodées par l'inflation
La marge brute s'est établie à 16,0 % sur le semestre, en baisse de 60 points de base par rapport aux 16,6 % de H1 2025, touchée par les effets défavorables de mix et partiellement compensée par la croissance des volumes. L'EBITDA ajusté a reculé de 9 % à 237 M€, dégageant une marge de 12,7 % (vs 13,3 % un an plus tôt). L'EBIT ajusté s'est élevé à 155 M€ (-10 %), pour une marge de 8,3 % (vs 8,8 %), restant au-dessus de la barre des 8 %.
Le groupe a subi des impacts d'inflation sur les coûts d'intrants consécutifs à l'escalade du conflit au Moyen-Orient, mais a mis en place des mécanismes de répercussion tout au long de la chaîne de valeur. Une « courte période de décalage temporel » persiste dans la récupération complète des augmentations de coûts, générant un effet de compression de marge. Malgré ces défis, le directeur général Olivier Biebuyck a souligné que le groupe « est resté discipliné dans la protection de la rentabilité ».
Liquidité et levier à surveiller suite aux acquisitions Bridgestone
La trésorerie libre (FCF) a chuté à 55 M€ au cours de la période, contre 123 M€ en H1 2025, principalement en raison du besoin en fonds de roulement accru de 28 M€ lié à l'intégration des usines Bridgestone rachetées et aux impacts de change. Cette hausse temporaire du fonds de roulement répond aux tensions des chaînes d'approvisionnement. La dette nette s'est élevée à 367 M€, contre 327 M€ un an plus tôt, portant le levier d'endettement à 0,82x (vs 0,67x), reflet des décaissements liés aux acquisitions. En parallèle, le groupe poursuit son programme de rachat d'actions de 200 M€, dont 165 M€ ont déjà été exécutés à ce jour.
Le groupe continue de s'attendre à des ventes de 2026 à niveau similaire à celui de l'année précédente sur une base comparable appauvrie (like-for-like), et à une marge d'EBIT ajustée légèrement inférieure à celle de 2025. Cette guidance reflète une vision prudente face aux incertitudes géopolitiques persistantes, tout en tablant sur la poursuite des mécanismes de répercussion des hausses de coûts.