Carmila : loyers en hausse de 1,2 % au 1er trimestre, mais la France freine la croissance
Au premier trimestre 2026, Carmila confirme sa capacité à extraire de la valeur immobilière au-delà de l'inflation : croissance organique des loyers nets de 1,2 %, soit 80 points de base au-dessus de l'indexation. Parallèlement, le gestionnaire de centres commerciaux annonce une progression du chiffre d'affaires des commerçants de seulement 1,1 %, tirée essentiellement par l'Espagne dynamique, tandis que la France enregistre un recul de 0,6 %.
Les loyers progressent au-delà de l'indexation, la consommation trébuche
Carmila a généré une croissance organique des loyers nets de 1,2 % au T1 2026, dépassant significativement l'indexation — estimée à 0,4 % pour le trimestre. Cette surperformance de 80 points de base confirme la stratégie de relution immobilière du groupe. Répartis géographiquement, les loyers nets se sont établis à 100,7 millions d'euros (100,5 millions au T1 2025), avec la France à 70,6 millions d'euros, l'Espagne à 24,0 millions et l'Italie à 6,1 millions. L'activité commerciale s'est accélérée avec 227 nouveaux baux signés sur le trimestre, contre 219 au T1 2025, marquant une hausse de 4 % en volume et 34 % en valeur locative. La réversion moyenne s'établit à 2,0 %, illustrant la capacité du groupe à appliquer des augmentations de loyers au-delà de l'inflation. Le taux d'occupation financier demeure stable à 95,5 %, tandis que le taux de recouvrement progresse de 30 points de base à 96,5 %.
Consommation fragmentée : Espagne flamboie, France ralentit
Le chiffre d'affaires des commerçants a progressé de 1,1 % sur le trimestre, mais cette moyenne cache des écarts géographiques importants. L'Espagne affiche une croissance robuste de 7,0 %, surperformant largement la France qui enregistre un repli de 0,6 %. La fréquentation des centres progresse de 0,9 % en moyenne, avec l'Espagne en tête à 2,7 % et la France à 0,6 %. Ce déséquilibre témoigne des contrastes de consommation en Europe. Carmila justifie la relative faiblesse française par le contexte géopolitique qui pèse sur la dépense locale. Parallèlement, les initiatives innovantes gagnent du terrain : le Specialty Leasing s'est apprécié de 5 %, porté par l'adoption de la plateforme digitale ClickStand. Le déploiement du Retail Media se poursuit avec 1 000 écrans de dernière génération en cours d'installation, destinés à atteindre les 620 millions de visiteurs annuels des centres Carmila.
Guidance confirmée, dividende relevé, structure financière sécurisée
Carmila confirme son objectif de résultat net récurrent par action d'au moins 1,84 € pour 2026, en hausse de 2,0 %, porté par les trois moteurs de croissance : loyers nets, investissements et innovation. Le groupe a également débuté un programme de rachat d'actions en deux tranches de 10 millions d'euros chacune, la première étant finalisée au prix moyen de 17,34 €. Une deuxième tranche a été lancée le 27 avril 2026. Sur le plan financier, Carmila a réalisé avec succès un abondement de 100 millions d'euros sur sa dette à échéance 2033 le 8 avril 2026, confirmant un coût moyen de la dette nette à 3,0 % pour 2026, stable malgré l'environnement de taux. Le groupe ne dispose d'aucune échéance obligataire avant mai 2027. L'Assemblée générale du 13 mai 2026 sera appelée à voter un dividende proposé de 1,36 € par action, en hausse de 9 % par rapport à l'exercice 2024 (1,25 €). Une cession immobilière (Villers-Semeuse) a été réalisée le 31 mars 2026 pour 12,4 millions d'euros, dans le cadre d'une stratégie d'acheteur net visant 100 millions d'euros d'acquisitions par an à un spread de 100 points de base au-dessus du taux de capitalisation.