Elia Group : profit ajusté semestriel en hausse de 26 % à 411 millions d'euros
Elia Group a publié un profit ajusté semestriel de 411 millions d'euros, en hausse de 26 % sur un an. La croissance provient de la progression de la base d'actifs régulés en Belgique et en Allemagne, ainsi que de rendements supérieurs liés au contexte des taux d'intérêt. Parallèlement, le groupe a révisé à la baisse sa guidance d'investissement 2026 à 4,8 milliards d'euros, reflétant des gains d'efficacité et une optimisation calendaire des projets majeurs.
Belgique et Allemagne portent la croissance du profit ajusté
En Belgique, le profit ajusté atteint 163 millions d'euros au premier semestre, en progression de 25,8 % grâce à une hausse de la rémunération des actifs de 21 millions d'euros. Cette amélioration reflète l'expansion continue de la base d'actifs, l'effet complet de l'injection de capitaux d'un milliard d'euros réalisée en 2025, et des rendements régulés plus élevés entraînés par la hausse des taux sans risque belges. Le groupe bénéficie également de contributions positives liées aux incitations réglementaires, confirmant une solide performance opérationnelle.
En Allemagne, 50Hertz affiche un profit ajusté de 250,8 millions d'euros, en hausse de 21 %. La croissance est portée par l'expansion continue de la base d'actifs régulés et par un taux de rémunération des capitaux propres plus élevé qu'un an plus tôt. Ces gains sont partiellement compensés par une augmentation de la dépréciation et des coûts opérationnels, cohérente avec une entreprise en forte croissance.
Discipline financière et réduction du programme d'investissement
Elia a réduit sa guidance d'investissement 2026 de 300 millions d'euros, ramenant la fourchette à environ 4,8 milliards d'euros. Le directeur financier Marco Nix précise que cette révision se décompose ainsi : un quart des réductions correspond à des gains d'efficacité cette année, tandis que les trois quarts reflètent un décalage calendaire vers les années suivantes, notamment en lien avec le projet offshore LanWin 6, programmé sur un horizon plus long.
Parallèlement, Elia a émis un emprunt hybride de 900 millions d'euros pour renforcer sa structure de capital, et a remboursé par anticipation un prêt à terme de 300 millions d'euros. La dette nette du groupe, hors EG, a augmenté modérément de 500 millions d'euros à 14,6 milliards d'euros. Le groupe maintient un portefeuille d'endettement entièrement à taux fixe et un coût moyen de la dette de 3 %.
Perspectives 2026 et investissement dans l'interconnexion Tarchon
Pour l'exercice 2026, Elia réitère sa guidance de profit net de 690 à 740 millions d'euros. En Belgique, le groupe anticipe un profit ajusté vers l'extrémité supérieure de la fourchette 290 à 320 millions d'euros, soutenu par les taux OLO observés ces derniers mois. En Allemagne, le profit ajusté est attendu entre 585 et 625 millions d'euros, sur la base d'un taux de rendement des capitaux propres régulés de 3 %.
Elia a parallèlement annoncé un investissement dans le projet Tarchon, un interconnecteur HVDC de 1,4 gigawatt reliant l'Allemagne et le Royaume-Uni. Via sa filiale Wind Grid, le groupe détient une part de 25 %, pour un engagement en capital d'environ 200 millions de livres sterling étalé jusqu'au milieu des années 2030. CPP Investments en est l'investisseur majoritaire et apporte l'essentiel du capital.
Cette opération illustre la stratégie du groupe : combiner l'exécution disciplinée de son programme d'investissement régulé en Belgique et en Allemagne avec des partenariats sélectifs soutenant la transition énergétique européenne. Parmi les jalons opérationnels, 19 des 23 caissons de l'île énergétique Princess Elizabeth ont été installés en mer d'ici fin juin, et le projet Ventilus (couloir 380 kilovolts en Flandre occidentale) a obtenu ses permis environnementaux en avril, les travaux de construction débutant cet été.