Emeis : croissance organique de 6,3 % au T1 et perspectives EBITDAR 2026 confirmées
Emeis publie des résultats conformes à sa trajectoire de redressement entamée en 2024. Le groupe de services de santé affiche une croissance organique de 6,3% au premier trimestre, portée par une amélioration des taux d'occupation et une pression tarifaire favorable. La confirmation de la guidance EBITDAR 2026 (croissance de plus de 10%) structure la visibilité à court terme, même si l'accélération de la stratégie de cession immobilière (1 milliard d'euros en Q1) demeure centrale dans le profil financier du groupe.
Revenus en progression, prix et taux d'occupation au cœur de la dynamique
Le chiffre d'affaires du groupe s'établit à 1,509 milliard d'euros au 31 mars 2026, en hausse de 6,3% sur une base organique, confirmant l'accélération observée sur l'ensemble de l'année 2025 (+6,1%). Cette croissance repose sur trois piliers : un effet tarifaire favorable de 3,9 points (en progression par rapport aux 3,3 points de fin 2025), une augmentation du taux d'occupation moyen de 2,1 points (contribuant 1,6% à la croissance organique) et la montée en charge des nouveaux établissements ouverts en 2024-2025 (apport de 0,7%). Le segment des maisons de retraite, qui représente près des deux tiers de l'activité, enregistre une croissance organique de 7%, tandis que les cliniques progressent de 4,9%. Internationalement, la dynamique atteint 7,3 %, contre 4,8 % en France, avec des croissances organiques proches ou supérieures à 8 % en Allemagne (+7,8 %), en Europe centrale (+8,1 %) et en Europe du Sud (+9,4 %). En France, le groupe bénéficie de bases de comparaison moins exigeantes au premier trimestre 2026 pour les cliniques (+7,1% organique), suite à des difficultés commerciales l'année précédente. Les maisons de retraite nationales avancent plus modérément (+2,2%), portées par l'amélioration du taux d'occupation (+3,6 points).
Les taux d'occupation poursuivent leur redressement sur tous les marchés
Le taux d'occupation moyen du groupe atteint 89,1% au 31 mars, en progression de 2,1 points sur un an. Cette dynamique, qui s'inscrit dans un mouvement de rattrapage amorcé il y a deux ans (87% en Q1 2025, 85% en Q1 2024), reflète les efforts du groupe en matière d'amélioration qualitative des établissements, de marketing affiné et de segmentation de l'offre.
Les maisons de retraite affichent 88,7% d'occupation (+2,3 points), tandis que les cliniques progressent à 90,3% (+1,1 pt). L'Allemagne, deuxième marché du groupe, enregistre une amélioration notable de 3,4 points (88,5%), bénéficiant des mesures de qualité déployées depuis 2024.
L’Europe centrale affiche un taux d’occupation moyen de 93,4 %, proche des niveaux d’avant-COVID, et de 93,6 % hors ouvertures récentes, tandis que l'Europe du Sud, malgré les nouveaux établissements en ramp-up, affiche 90,8% d'occupation moyenne.
En France, le taux s'élève à 89,8% (+2,1 pts), porté notamment par une amélioration de 3,6 points dans les maisons de retraite. Le groupe note que près d'un tiers de ce gain provient de l'ajustement du dénominateur (suppression des lits précédemment comptabilisés mais non commercialisables).
Guidance 2026 maintenue, cessions immobilières accélérées
Emeis confirme ses objectifs 2026 avec une croissance attendue de l'EBITDAR de plus de 10% par rapport à 2025 (sur base comparable, hors cessions d'activités). Le groupe souligne sa capacité à couvrir les risques inflationnistes : environ 90% des dépenses énergétiques (électricité et gaz) sont couvertes pour 2026 à des tarifs inférieurs à 2025, et 60% pour 2027. Rappel : ces dépenses énergétiques représentent seulement 2,5% du chiffre d'affaires 2025, dont moins de 40% varient directement avec les prix de marché.
En parallèle, le groupe accélère sa stratégie de désendettement immobilier. Au cours du premier trimestre, 1 milliard d'euros de cessions immobilières ont été finalisées ou sécurisées, incluant notamment la création de la plateforme Isemia (761 millions d'euros) et 191 millions d'euros supplémentaires en transactions sous accord.
Les opérations latino-américaines sont progressivement cédées : à fin mars, 18 % du total était finalisé ou sous accord, et les avancées depuis début avril portent à plus des deux tiers la part vendue ou faisant l’objet d’accords de cession.
Le groupe affiche ainsi une structure financière substantiellement renforcée et annonce son intention d'être « particulièrement sélectif » sur les futures cessions dans les années à venir.
L'enjeu central pour les investisseurs reste la transition vers un modèle opérationnel autonome de génération de trésorerie opérationnelle, décorrélé de la stratégie de cession d'actifs.